Surdité profonde : des enfants opérés gratuitement

Une opération de pose d’implants, lancée lundi à l’hôpital général de Yaoundé doit permettre aux bénéficiaires de retrouver l’ouïe.

Dans l’une des salles du bloc opératoire de l’Hôpital général de Yaoundé hier matin. La petite Ange Luor Y, 8 ans, est allongée inerte. La fillette atteinte de surdité profonde a subi une anesthésie générale. Elle se fait opérer d’une oreille. Cette opération initiée par l’Association de lutte contre la déficience auditive (Aldac) consiste à poser des implants cochléaires aux enfants handicapés auditifs afin de leur redonner l’ouïe 
Sur la table d’opération, le visage de la petite est complètement recouvert. Le Pr. Raji Abdelaziz, otorhinolaryngologiste (ORL) marocain, est en plein dans l’oreille de sa patiente. Avec la technologie de pointe dont dispose l’hôpital, les autres médecins résidents peuvent voir à travers un écran, « Le professeur est en train de créer une ouverture en passant par la mastoïde, c’est-à-dire, l’os qui est derrière l’oreille. Ce qui permettra d’arriver à l’entrée de la cochlée et de poser l’implant », explique le Dr Serge Fankeng, docteur en ingénierie biomédicale et chargé de la réhabilitation auditive en Afrique subsaharienne. Après deux heures, l’implant est posé et la petite est conduite dans sa chambre. Dans le couloir, sa mère, Berthe Yalla, est sereine. Elle n’a jamais perdu l’espoir. En effet, c’est à 8 mois que dame Yalla constate que sa fille a du mal à capter des sons. Elle a la confirmation de sa maladie à 11 mois, après un examen chez un ORL. « Nous avons entendu parler de l’implant cochléaire quand elle a eu deux ans. Mais ce n’était pas encore effectif au Cameroun. En plus du coût très élevé de cette opération, il fallait voyager. Faute de moyens, nous avons décidé de patienter. C’est en novembre dernier que nous apprenons qu’une association de lutte contre la déficience auditive mène des activités au Cameroun. Je n’ai pas hésité à entrer en contact avec elle », raconte la mère de Ange Luor. Dame Yalla se réjouit. Elle sait que dans quelques mois, sa fille pourra commencer à entendre et à parler. Car cette déficience auditive a également entraîné le retard de langage de la fillette. 
Tout comme la petite Ange Luor, deux autres enfants ont été opérés dans le cadre de cette mission humanitaire qui engage des experts internationaux (marocains et français), bénéficiant ainsi gratuitement de la pose d’implants. Un implant cochléaire coûte 10 millions de F.  
À la suite de cette étape, les chirurgiens vont laisser un mois à la plaie pour cicatriser. « On va ensuite faire l’activation de cet implant cochléaire. L’enfant se fera suivre bien après par un orthophoniste qui va lui apprendre à prononcer, et écouter des sons », poursuit le Dr Serge Fankeng. Le suivi se fera progressivement tous les trois mois jusqu’à ce que l’enfant soit réhabilité et commence à aller à l’école. Cette mission humanitaire se poursuit demain à l’Hôpital de Douala avec l’opération de trois autres enfants.
 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category