L’Afrique dans le piège de la récession

Même si les prévisions tablent sur une croissance de 3,4 % en 2021 sur le continent, son PIB, pour la première fois depuis 25 ans, s’est contracté de 2,1% l’an dernier, poussant 30 millions de personnes dans l’extrême pauvreté.

Le constat dressé par le président Paul Biya et plus de 30 dirigeants africains et européens qui viennent de signer une Tribune est sans appel. En l’espace d’un an, écrivent-ils, la pandémie a donné un coup d’arrêt à un quart de siècle de croissance économique continue en Afrique, perturbé les chaînes de valeur et entraîné un accroissement sans précédent des inégalités et de pauvreté. De ce fait, préviennent les leaders, « le monde entier court des risques car l’économie mondiale pourrait perdre l’un de ses futurs moteurs de croissance ».
La Banque africaine de développement (BAD) confirme ce diagnostic, dans les « Perspectives économiques en Afrique en 2021 » publiées le 12 mars dernier, avec pour thème, « De la résolution de la dette à la croissance : une feuille de route pour l’Afrique ». L’institution financière note que l’activité économique a été limitée en Afrique par une pandémie mondiale sans précédent causée par la Covid-19. Bien que toutes les économies du continent aient été touchées, celles dépendantes du tourisme, les économies exportatrices du pétrole et les autres économies à forte intensité en ressources ont été les plus durement impactées. Il est rapporté dans les détails que les économies dépendantes du tourisme ont connu une baisse de 11,5 % du Produit intérieur brut (PIB). La croissance des pays exportateurs de pétrole a quant à elle été négative (-1,5), tandis que les autres économies à forte intensité en ressources ont enregistré une baisse de -4,7 %. Enfin, dans les pays à faible intensité en ressources, la production s’est contractée de 0,9% en 2020.
En outre, la crise économique a eu des implications directes sur les soldes budgétaires et le fardeau de la dette des pays. Au point où le ratio moyen dette/PIB de l’Afrique devrait augmenter de 10 à 15 points de pourcentage à court et moyen terme. Par conséquent, l’Afrique pourrait se voir confrontée à de graves problèmes de dette, Les défauts de paiement ainsi que les résolutions prolongées relatives à la dette pourraient entraver les progrès du continent, lit-on dans le rapport-phare de la BAD.
Accroissement de l’extrême pauvreté
Pour ce qui est de l’inflation de base (hors prix des denrées alimentaires et de l’énergie), elle a grimpé dans de nombreux pays. D’importantes dépréciations de devises se sont produites en Afrique, en particulier dans les économies des marchés frontières, en partie à cause des perturbations des flux financiers extérieurs incluant les envois de fonds, les investissements directs étrangers, les investissements de portefeuille et l’aide publique au développement. 
Au total, selon la BAD, le PIB de l’Afrique s’est contracté de 2,1 % en 2020. Il s’agit de la première récession économique connue par le continent en un demi-siècle. L&rs...

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