Croissance en Afrique subsaharienne: les voyants au rouge

La production de la région ne devrait progresser que de 1,4% en 2016, ce qui représente la plus faible performance depuis plus de 20 ans.

Affaiblie par la baisse des cours des produits de base et un environnement mondial moins porteur, l’activité économique de l’Afrique subsaharienne a fortement ralenti. D’après les prévisions contenues dans les « Perspectives économiques régionales » présentées en octobre 2016 par le Fonds monétaire international (FMI), la croissance moyenne de la région devrait fortement diminuer et s’établir à 1 ½% pendant l’année 2016. C’est un tournant majeur, dans la mesure où ce rythme est bien inférieur à celui de la croissance démographique et marque une nette rupture par rapport à ces quinze dernières années. En fait, le taux de croissance qu’enregistre l’Afrique subsaharienne en 2016 représente la plus faible performance depuis plus de 20 ans. De surcroît, note le rapport, la perte de dynamisme observée ces deux dernières années est comparable aux périodes de profond ralentissement des décennies précédentes. En perspective, une reprise modeste, avec une croissance d’un peu moins de 3% qui se profile pour l’année 2017. Cependant, préviennent les experts du FMI, même cette légère embellie ne sera possible que si des mesures sont prises sans tarder pour remédier aux déséquilibres macroéconomiques prononcés et à la forte incertitude qui entoure les politiques publiques dans plusieurs des plus grands pays de la région. A l’analyse, cette moyenne régionale, plus que jamais, masque une hétérogénéité considérable entre pays. D’une manière générale, l’image qui se dégage est celle de deux Afriques qui se côtoient : d’une part, 23 pays exportateurs de produits de base, dont les trois plus grands de la région (Afrique du Sud, Angola, Nigeria), qui connaissent de fortes tensions économiques et tirent vers le bas la moyenne régionale ; d’autre part, les 22 autres pays subsahariens qui, pour la plus part, continuent de jouir d’une croissance économique raisonnablement soutenue. Au total, l’Angola échappera de justesse à la récession, tandis que l’activité se contracte au Nigeria, en Guinée équatoriale, au Soudan du Sud et au Tchad. L’expansion va aussi marquer le pas en Afrique du Sud et dans des pays tels que la République démocratique du Congo, le Ghana, la Zambie et le Zimbabwe, où l’activité va ralentir considérablement ou continuer à n’enregistrer qu’une croissance molle. En revanche, les pays peu tributaires des exportations de ressources naturelles continuent d’afficher de bons résultats. Pour l’ensemble de ce groupe, la croissance économique devrait atteindre 5 ½% cette année – à peine moins que la moyenne de 6% enregistrée sur la période 2000-2014 – grâce à la diminution de leur facture pétrolière et à l’amélioration du climat des affaires, ainsi qu’au niveau élevé des investissements d’infrastructures qui continuent d’entretenir la dynamique de croissance. Pour des pays tels que la Côte d’Ivoire et le Sénégal en Afrique de l’Ouest, ou l’Ethiopie et le Kenya en Afrique de l’Est, les prévisions laissent encore entrevoir une croissance économique de l’ordre de 6% à 8% pendant les deux prochaines années.

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