Grand barrage de la Renaissance : la Ligue arabe divisée

Les ministres des Affaires étrangères de cet ensemble régional étaient réunis hier au Qatar pour trouver une solution à ce différend frontalier entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie.

Un sommet extraordinaire a réuni hier à Doha au Qatar, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe. Convoquée à l’initiative de l’Egypte et du Soudan, cette rencontre consacrée au Grand barrage de la Renaissance avait pour but de trouver une issue au différend frontalier qui empoisonne les relations entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie. Alors que la tension reste palpable entre Le Caire et Khartoum d’une part, et Addis-Abeba d’autre part, l’objectif de cette rencontre était d’attirer l’attention des autres pays de cet ensemble régional sur le « risque » que cet ambitieux projet fait peser sur l’ensemble de la région. Le sommet extraordinaire d’hier était l’occasion de discuter « du danger de laisser cette région stratégique sous l'influence de l'intransigeance éthiopienne », selon une source diplomatique. Les requérants ont profité de cette tribune pour exposer leur position commune sur les conséquences qu’un tel projet pourrait entraîner.  


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Cette rencontre qui s’est tenue au lendemain de plusieurs missions effectuées par des officiels qataris dans les pays en conflit et dans plusieurs capitales du monde arabe a laissé transparaître quelques divergences. Comme en 2020, plusieurs pays du Golfe n’ont pas caché leur solidarité à l’endroit du Soudan et de l’Egypte même si le Qatar de son côté essaie de jouer la carte de la neutralité. Alors que la Somalie et Djibouti sont restés alliés inconditionnels de l'Éthiopie. 


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Lancé en 2011 sur l'affluent du Nil Bleu en Ethiopie, le Grand barrage de la Renaissance qui sera doté à terme d’un potentiel énergétique de plus de 6 000 MW est source d’inquiétudes autant au Caire qu’à Khartoum. Que ce soit en Egypte ou au Soudan, l’on craint que l’achèvement de ce barrage ne vienne perturber l’approvisionnement en eau d’autant plus que le Nil assure 97% des besoins en eau potable et en irrigation de ces pays. Dans ce rapport de force, l’Ethiopie, située en amont du fleuve, devrait pouvoir à terme exercer son hégémonie sur le fonctionnement du Nil, en contrôlant son débit. Jouissant d’une pluviométrie enviable avec plus de 3 000 mm de pluie par an, l’Ethiopie reste un pays privilégié par la nature. Alors que pour l’Egypte et le Soudan, situés en aval, le Nil est une question de survie au regard des avantages économiques incommensurables que ce fleuve génère. Non seulement le Nil est pourvoyeur de l’essentiel de l’eau consommée par les populations égyptiennes et soudanaises, mais il permet également l’irrigation et une bonne fertilisation des terres arables pour l’agriculture, favorise la circulation des marchandises, la production d’électricité et le développement des industries. 


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