Marché du riz : incompréhension autour des prix

Le groupement des importateurs du Cameroun a évoqué un risque d’augmentation, à la grande surprise du ministre du Commerce qui rassure que les choses ne changeront pas.

Les quantités de riz disponibles au Cameroun à ce jour sont de 200 000 tonnes, pour une consommation mensuelle se chiffrant à 47 000 tonnes. Par ailleurs, les importateurs assurent que depuis 10 ans, ils n’ont pas relevé le prix de vente du kilogramme des différents types de riz, malgré l’augmentation de leurs charges d’exploitation et le relèvement du prix de cette denrée alimentaire à l’international. Ils ont plutôt baissé leurs marges bénéficiaires pour garder leurs produits accessibles aux consommateurs. Jacquis Kemleu Tchabgou, secrétaire général du groupement des importateurs de riz du Cameroun (Girc) l’a déclaré hier, jeudi 17 juin 2021 à Yaoundé lors d’un point de presse tenu au nom de l’association, pour faire connaître la situation qui prévaut actuellement dans la filière. 


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Le SG du Girc a reconnu que la pandémie à coronavirus ayant rendu le riz rare à l’international et son coût d’achat élevé, cette céréale, très consommée au Cameroun riz n’est pas très disponible en ce moment. « C’est ce qui justifie la légère remontée de son coût de revient », explique-t-il. Toutefois, d’après M. Kemleu, la spéculation en cours n’est pas le fait des importateurs, mais des grossistes et des détaillants, qui approvisionnent près de 60 % du marché national. Par ailleurs, un riz gabonais perturbe le marché camerounais en ce moment. Introduit dans le circuit d’une manière illégale, il fait une concurrence déloyale à ceux importés par des nationaux. Le sac de 50 kilogrammes est vendu à 16 000 F au lieu de 21500 F. 


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Hormis ce souci, d’autres difficultés risquent de déteindre sur le prix du kilogramme de riz. Il s’agit de la rareté des devises au niveau des banques commerciales, engendrant des conséquences directes, notamment la hausse des taux de transfert pour le paiement des marchandises des fournisseurs (environ 10% de la valeur en fonction des banques). Les délais d’exécution des transferts jugés très longs par les importateurs (une moyenne de plus de quatre semaines), l’augmentation des coûts de toutes les opérations dans l’enceinte portuaire sont d’autres contraintes. 


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Cependant, au ministère du Commerce, l’on est surpris par ces allégations. « La situation du riz reste sous contrôle. Aucune augmentation du prix du riz n’est envisagée et nous travaillons avec tous les acteurs de la filière pour que les choses restent inchangées », affirme le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana. Il indique également que des contrôles sont actuellement en cours pour retirer du marché tout riz qui ne respecterait pas les prix homologués. De plus, pour maintenir la cohésion dans la filière, le ministre invite les opérateurs à se rapprocher de lui afin de trouver ensemble, comme toujours, des solutions aux problèmes qu’ils pourraient rencontrer. Pour mémoire, les prix homologués oscillent entre 330 F et 425 F le kilogramme en fonction de la gamme dans les marchés de Douala et Yaoundé. 


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