Loi de finances : des ajustements imposés par la conjoncture

L’une des premières observations à faire à la lecture de l’ordonnance du 7 juin 2021 actuellement en examen pour ratification par le Parlement, c’est que l’enveloppe globale du budget de l’Etat pour l’exercice 2021 est en augmentation. Elle passe ainsi de 4 865,2 milliards de F à 5 480,4 milliards de F. Soit une hausse de 615,2 milliards de F. Une augmentation de l’enveloppe initiale qui suppose de nouvelles sources de revenus pour le Trésor public. Ces postes concernent notamment les recettes pétrolières qui connaissent une augmentation de 143,3 milliards de F, soit plus de 34%. Ceci se justifie par la montée des cours du baril de pétrole sur le marché international. Des modifications qui se justifient, selon le gouvernement par la nécessité de prendre en compte les développements économiques récents et la perspective de la mise en circulation d’un nouveau passeport. Il faut du reste préciser, en ce qui concerne ce dernier qu’il voit son droit de timbre passer de 75 000 F à 110 000 F pour les passeports ordinaires à compter du 1er juillet 2021. Ceci à la suite de la modification de l’article 548 du Code général des Impôts
Les modifications apportées par le gouvernement permettent par ailleurs de mettre sur pied des budgets d’urgence pour lutter contre la résurgence de la pandémie du Covid-19, dans la perspective notamment de la prise en compte des besoins liés à la vaccination. Le gouvernement ayant notamment pris la décision d’accélérer la campagne de sensibilisation sur la nécessité pour les Camerounais de se faire vacciner contre cette pandémie. Les dépenses ici vont concerner à la fois le renforcement du système sanitaire, la résilience économique et financière, le renforcement de la recherche et de l’innovation.  Sur la provenance de ressources liées au Covid-19, elles viennent de deux sources : les apports financiers sous forme de fonds de concours pour 40 milliards de F venant notamment de la Banque mondiale et de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale. La seconde source est constituée de versements des recettes du budget général à hauteur de 160 milliards de F, avec une augmentation de 10 milliards de F par rapport au budget initial. De nombreux autres facteurs entrent en ligne de compte dont le relèvement de 100 milliards à 160 milliards de F, le niveau d’allègement de la dette extérieure du Cameroun vis-à-vis du G20. Il est par ailleurs question de continuer à assurer la sécurité aux frontières et à l’intérieur du territoire national. Le texte vient de franchir une première étape avec son adoption par les députés. Il reste désormais à le soumettre à l’examen du Sénat, avant de lui conférer force de loi, conformément aux dispositions de l’article 28 de la Constitution.
 

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