« Des restrictions liées à la circulation des devises »

Eric Stéphane Ngambi, expert financier.

On constate que les envois d’argent du Cameroun pour l’étranger sont de plus en plus difficiles. Qu’est-ce qui peut expliquer cette situation ?


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Les difficultés que rencontre le secteur de transfert d’argent au Cameroun de nos jours se justifient par plusieurs raisons dont la principale se trouve être la réglementation de change applicable en zone CEMAC. En effet, la nouvelle réglementation entrée en vigueur le 1er mars 2019, riche de 192 articles met un point d’honneur sur les restrictions liées à la détention et à la circulation des devises. Cependant, d’autres facteurs comme les coûts élevés de transfert qui par ailleurs représentent par moment une somme assez significative, le manque de développement d’infrastructures techniques et financières et le manque d’accès des émetteurs et/ou destinataires au secteur bancaire concourent également à justifier cet état de fait.


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Même si les opérateurs de ces plateformes d’envoi justifient cette situation par des problèmes techniques, n’y a-t-il pas lieu de penser que c’est pour suivre les directives de la Banque centrale sur le transfert des fonds ?


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Il va sans dire que la Banque centrale (BEAC), dans ses prérogatives, a pour vocation de gérer les réserves de changes. Le niveau de réserves de devises est primordial pour la stabilité monétaire de la sous-région, raison pour laquelle, vu les limites observées concernant l’ancienne réglementation de changes, il a été proposé et adopté une nouvelle réglementation, laquelle doit être appliquée par l’ensemble des acteurs financiers. Maintenant, affirmer que la complexité des transferts de fonds n’est du seul fait de la réglementation de change serait assez subjectif, car comme mentionné plus haut, certains dysfonctionnements techniques à l’instar de la connectivité des réseaux, des renégociations commerciales des partenariats entre banque et établissements de transferts et la modification des planches tarifaires peuvent également être à l’origine de la situation qui prévaut.


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Comment comprendre que les transferts de fonds se font beaucoup plus du Cameroun à l’international ?


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Certes, la circulation des devises est soumise à une réglementation, mais il ne saurait y avoir de restrictions à même d’empêcher un dynamisme économique et financier. Comme les fonds partent du Cameroun vers l’étranger, de la même manière le Cameroun reçoit des fonds de l’étranger. Le niveau élevé de flux financiers dû au transfert de fonds du Cameroun vers l’extérieur est sans doute justifié par le paiement des frais de scolarité de la part des ménages qui, en cette période, doivent finaliser les inscriptions de leurs progénitures et les transferts de subsistance orientés en direction des Camerounais de la diaspora qui du fait de la pandémie liée au Covid-19, ont éprouvé des difficultés à mobiliser de l’épargne compte tenu des restrictions sanitaires. Il ne faudrait pas non plus oublier de mentionner le rapatriement des bénéfices de filiales vers les maisons mères qui du fait de la pandémie ont connu de grandes difficultés. 


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