Relations France-Afrique : l’ambassadeur monte au créneau

Christophe Guilhou, a donné une conférence à ce propos hier 24 juin, dans le cadre du « Forum diplomatique » organisé par l’IRIC.

« Ne vous laissez pas intoxiquer ». Cette interpellation de l’ambassadeur de France au Cameroun est révélatrice de la perception que beaucoup ont des relations entre l’Afrique et ce pays. Christophe Guilhou lançait son exhortation, hier 24 juin, dans le cadre du traditionnel « Forum diplomatique » organisé par l’Institut des Relations internationales du Cameroun (IRIC). Devant une assistance constituée d’étudiants et d’enseignants de cette école, l’ambassadeur, conférencier du jour, a d’emblée noté que la France, présente dans 42 pays africains sur 49, était régulièrement victime de fake news. Si au départ, les officiels français restaient impassibles face à la désinformation, depuis quelque temps, ils estiment nécessaire d’apporter les éclairages qui s’imposent. 
Sécurité
Ainsi, pour Christophe Guilhou, plusieurs raisons expliquent la présence française sur le continent. Cet intérêt se justifie par des liens historiques entre ces deux partenaires, avec en bout de chaîne ; le partage d’une langue commune, le français, dont l’Afrique compte des centaines de millions de locuteurs. Dans le domaine de la sécurité, la France répond aux sollicitations des pays amis qui ont besoin de soutien dans la lutte contre le terrorisme et l’instabilité liée à divers facteurs. C’est le cas au Mali, au Tchad ou encore en République centrafricaine. 
Economie 
Sur le champ de l’économie, plusieurs entreprises françaises se déploient sur le continent. Celles-ci recrutent massivement un personnel constitué à environ 95% d’employés locaux environ. Ceci, même si le nombre de sociétés opérant en Afrique a baissé au fil des années. Ce qui montre qu’on est bien loin de la fameuse attitude de « prédation » dont on accuse la France. Pour preuve, argumente l’ambassadeur, « la part de marché des entreprises françaises au Cameroun est passée de 40% dans les années 1990, à 10% aujourd’hui ».
Franc CFA
Le thème du franc CFA a abouti à une discussion très animée au moment de la phase des questions-réponses. Pour les étudiants et quelques enseignants présents, cette monnaie pose problème, notamment parce qu’elle n’a pas évolué depuis la signature des accords qui l’encadrent. En réaction, Christophe Guilhou estime qu’en réalité, « vous faites ce que vous voulez avec le franc CFA. Vous voulez le débaptisez ? Débaptisez-le. Vous voulez faire une monnaie par pays ? Vous faites une monnaie par pays. On très confortable avec ça. Mais si pour l’instant, il n’y a pas eu de changement, c’est que peut-être le franc CFA correspond à un vrai besoin. La moitié des dépôts ont lieu en France. C’est la contrepartie du taux de parité fixe avec l’Euro qui donne une stabilité et évite des dévaluations ».
Restitution des œuvres d’art
Pour ce qui est de la dette du Cameroun vis-à-vis de la France, le diplomate rappelle que celle-ci n’est que d’environ 800 milliards de F, comparé à d’autres pays. En ce qui concerne l’accusation d’œuvres d’art arrachés ou volés à leurs propriétaires, l’ambassadeur a expliqué que son pays a déjà montré sa bonne foi pour rapatrier au Cameroun, toute œuvre dont le moyen d’acquisition révèlerait des formes de contraintes ou découlerait du vol. 
Visas 
Le diplomate réfute également l’idée du visa français qui serait refusé aux citoyens camerounais. Pour lui, trois demandeurs sur quatre reçoivent leur visa. Par ailleurs, le vaccin sera sans doute exigé dans un futur proche pour les voyages internationaux. Christophe Guilhou a ainsi exhorté les uns et les autres à accepter cette solution contre le Covid-19 et à tourner le dos aux théories du complot. 
Au final, « on a eu des échanges très intéressants, très sincères, très directs et ça tient à la qualité des étudiants, des enseignants et tous ceux qui travaillent ici à l’IRIC », a estimé le diplomate au terme de la conférence. Le Forum diplomatique de l’IRIC est une « activité pédagogique imaginée pour permettre aux hautes personnalités et aux professionnels de la diplomatie et des métiers de l’international de partager leur expérience et savoir-faire avec les étudiants, futurs praticiens », explique le directeur de l’IRIC, Daniel Urbain Ndongo.
 

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