Conflit dans le Tigré : le gouvernement appelle au cessez-le-feu

Le pouvoir central d’Addis-Abeba a retiré ses troupes de Mekele, la capitale de la province séparatiste, et demande l’arrêt des combats alors que les rebelles ont repris possession des lieux.

Après près de huit mois, le conflit dans le Tigré, province séparatiste dans le nord de l’Ethiopie, a amorcé lundi un nouveau tournant, avec l’appel au cessez-le-feu lancé par le gouvernement central. Comme pour matérialiser sa volonté de faire taire les armes, Addis-Abeba dit avoir évacué délibérément Mekele, la capitale de la province séparatiste. Administration provisoire et troupes gouvernementales ont plié bagages, selon un communiqué officiel, laisser place aux travaux agricoles et permettre aux convois humanitaires la possibilité de se mouvoir. « Afin que les agriculteurs puissent cultiver paisiblement, que l'aide humanitaire puisse être distribuée en dehors de toute activité militaire, que les forces résiduelles du TPLF puissent reprendre le chemin de la paix (...), un cessez-le-feu unilatéral et inconditionnel a été décrété à compter d'aujourd'hui, 28 juin, jusqu'à la fin de la saison des cultures », explique le gouvernement. 
Dans le camp des soldats du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), l’on parle plutôt d’un revers infligé au gouvernement d’Addis-Abeba. Certains médias affirment que l’entrée des soldats séparatistes à Mekele a été célébrée par des tirs en l’air, des scènes de joie et des feux d’artifices. Mêmes certains membres de l’administration provisoire ont confirmé, sous cape, que l’appel au cessez-le-feu du gouvernement est intervenu face à l’avancée des troupes séparatistes qui ont mis en déroute l’armée régulière. Aux dernières nouvelles, les communications avec le Tigré étaient toujours coupées. 
Du côté de l’Organisation des Nations unies (ONU), l’on se dit préoccupé par la situation en cours. Le secrétaire général, Antonio Guterres, qui qualifie ces événements d’insoutenables, a laissé entendre que ceux-ci sont la preuve « qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise ». Tout en espérant qu’« une cessation effective des hostilités aura lieu ». Les États-Unis, l'Irlande et le Royaume-Uni ont appelé lundi à une réunion d'urgence publique du Conseil de sécurité de l'Onu sur le Tigré vendredi prochain.
 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category