Retraite : Pr. Joseph Owona, l’exception en droit

Le chancelier honoraire de l’Université de Yaoundé a été célébré à travers des mélanges de 800 pages, présentés au public le 1er juillet dernier à Yaoundé.

 « Aujourd’hui, je me sens porté au panthéon de l’honorabilité par l’offre de ces mélanges ». Le Pr. Joseph Owona fait ses adieux ce 1er juillet 2021 à la communauté universitaire après 50 ans de carrière. Une salve d’applaudissements accompagne alors les larmes d’un enseignant émérite, tout ému après la remise de « L’exception en droit », ouvrage composé d’articles juridiques, rédigés en son honneur par ses disciples et collègues. Présidée par le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur, chancelier des Ordres académiques, Pr. Jacques Fame Ndongo, la cérémonie de dédicaces de ces mélanges a permis à une dizaine d’agrégés en droit public d’exprimer leur reconnaissance à l’endroit de leur maître. « Un homme d’exception qui s’est occupé des questions d’exception dans le domaine du droit à travers un article très retentissant qu’il publie en 1975 », s’est rappelé le préfacier des mélanges, Pr. Magloire Ondoua, recteur de l’Université de Douala.   
Parue quelques semaines après la restauration de la fonction de premier ministre au Cameroun, « L’institutionnalisation de la légalité d’exception en droit camerounais » permet au Pr Joseph Owona de se distinguer. Son originalité découle alors de l’introduction de la méthode institutionnelle dans l’étude du phénomène juridique camerounais. La note de lecture du Pr Charles Etienne Lekene Donfack, ancien camarade, précise d’ailleurs que « le droit se trouve davantage dans l’exception que dans la règle ». L’un des atouts du Pr. Joseph Owona que 31 auteurs et co-directeurs ont démontré en présentant ses différentes contributions en droit constitutionnel, en droit public, en droit administratif, en droit international et en finance publique. Ministres, recteurs, directeurs généraux et membres de la société civile se sont familiarisés en quatre heures avec les notions de « motif », « sujet », « justice », « procès », « cause », « parti politique », « intérêt », « liaison » et « relation ». Bref, le public a été ramené aux origines du droit, la raison. Elément qu’a su mettre à profit ce lui qui est aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel à travers une vingtaine d’ouvrages scientifiques. 
Premier prix de licence en 1968 puis, chargé de cours, maître de conférences, professeur émérite, chef de département de droit public, chef d’établissement à l’IRIC, chancelier de l’université de Yaoundé et enfin, ministre de l’Enseignement supérieur, le « savant » dit tout devoir à l’Etat du camerounais. Celui qui a formé des étudiants de toutes nationalités dont un président de la République, un vice-président, une célèbre candidate à la présidence de la République française, des diplomates et une centaine de ministres de tous bords, a été élevé au rang d’homme d’exception. Au moment où il dit raccrocher sa toge, le maître laisse comme recommandations à la jeune génération : « Le travail et toujours le travail. Le culte du mérite, l’appréciation de la valeur et le don de soi en permanence ».
 

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