Lutte contre le blanchiment de bois : contrôle à renforcer dans les parcs

Le ministre en charge des forêts vient de signer une circulaire reprécisant les rôles des différents acteurs dans le cadre des opérations d’empotage.

Le ministre des Forêts et de la Faune (Minfof) a signé le 29 juin dernier une circulaire relative à l’organisation et au suivi des opérations de chargement de bois à l'intérieur d'un conteneur dans les parcs de rupture de charges (lieux où s’opèrent des chargements ou des déchargements de bois soit pour un changement de moyen de transport, soit pour un stockage momentané) et dans des unités de transformations. Jules Doret Ndongo constate en effet que les opérations y sont de plus en plus désorganisées, d’où le rappel des missions des différents acteurs sur une situation qui au final, est « préjudiciable à l’environnement socioéconomique, rend difficile le contrôle efficace du trafic de bois qui s’y déroule. Mais aussi la coordination entre les services de différentes administrations concernées reste dysfonctionnelle et tend à diluer les responsabilités des uns et des autres», constate le Minfof. 
En fait, pour cette opération, la présence d’un douanier est nécessaire et dès que ce dernier l’a certifié que c’est véritablement du bois qui est rangé dans le conteneur, on ne peut plus ouvrir jusqu’à exportation. « Très souvent, nous avons eu des situations où on nous signale que c’est du sucre avec des lettres de voiture de la Sosucam. Et vérification faite, c’est du bois. Donc au niveau des parcs de rupture et des unités de transformation du bois, il y a souvent eu des fraudes. On peut déclarer telle chose alors que ce n’est pas ça puisque dès qu’un scellé est déjà sur le conteneur, on ne peut plus l’ouvrir sauf autorisation d’un procureur de la république », explique une source au Minfof. L’objectif de cette circulaire est donc de rappeler aux différents maillons de la chaîne leurs responsabilités pour qu’il n’y ait plus pareilles situations à l’avenir. Parce qu’en effet, les parcs de rupture sont des lieux de blanchiment du bois. « La signature de cette circulaire rentre dans un processus d’assainissement. Partout où il y a des richesses à exploiter, il y a possibilités de fraude. Donc on corrige les manquements au fur et à mesure. Il est aussi question d’avoir une traçabilité. On doit vérifier ce qui entre dans les parcs de rupture sinon on peut se retrouver avec plus que ce qui a été déclaré coupé », poursuit notre source. 
En mars dernier déjà, le Minfof interpellait ses collaborateurs dans les 10 régions du pays, à travers une correspondance, sur la falsification des documents administratifs sécurisés qui cachait l’existence d’un réseau de blanchiment du bois exploité illégalement. Une pratique qui fait perdre à l’Etat d’énormes sommes d’argent. Désormais, pour ces opérations trois documents sont délivrés : l’autorisation d’utilisation de site pour les opérations d’empotage délivrée par le Minfof; l’autorisation d’empotage délivrée par le délégué départemental de la circonscription du site à renseigner sur le terrain et le rapport d’empotage consigné par l’agent du Minfof ayant supervisé l’opération sur le terrain, le requérant et le délégué départemental de céans; et enfin le bordereau de spécification après élaboration par l’opérateur économique. Ce nouveau dispositif permettra de définir précisément les responsabilités en cas de fraude. 
 

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