Monnaie : le regard de la culture africaine

La question est au cœur de l’ouvrage récemment commis par Moïse Nzemen, statisticien économiste.

« Monnaie dans la culture financière africaine ». Tel est le titre de l’ouvrage paru au premier trimestre de cette année 2021, sous la plume du statisticien économiste, Moïse Nzemen. Dans cet ouvrage de plus de 200 pages édité par les éditions BKT, l’administrateur directeur général de la Tontinière SA, un établissement de microfinance, se penche sur les relations qui existent entre la monnaie et la culture financière africaine. Un sujet d’analyse pas nouveau pour l’auteur, qui a déjà épluché la question dans deux précédents ouvrages. 
Ainsi, dans un contexte marqué par une certaines controverse sur l’efficacité du franc CFA, monnaie utilisé dans 14 pays d’Afrique francophone, Moïse Nzemen vise trois objectifs : faire la lumière sur les tontines (mécanisme de financement très prisé au Cameroun et en Afrique), notamment en ce qui concerne leurs liaisons avec la demande de monnaie. Il veut aussi contribuer à montrer l’importance de la quantité optimale et de la qualité de la monnaie pour la croissance et le développement d’une économie en sous-utilisation des facteurs. Le troisième objectif de cet ouvrage est de montrer que le crédit bancaire doit être où s’effectue la production des biens et services afin de favoriser une croissance harmonieuse de l’économie sans beaucoup de fluctuations. Pour la réforme du franc CFA, l’auteur va jusqu’à proposer la mise en place progressive d’une monnaie unique africaine, qu’il baptise « UCA » qui pourrait permettre à l’Afrique au sud du Sahara de « tirer le maximum de son économie par la mutualisation. » Toutefois dès l’introduction, Moïse Nzemen rappelle que son ouvrage « n’est pas une étude sur la culture financière africaine, mais centré sur la monnaie outil principal de tout système financier. »
En six chapitres donc, l’auteur défend l’idée selon laquelle l’élément de confiance est prédominant sur la valeur de la monnaie, tant sur sa forme électronique que autres. Pour le spécialiste de la microfinance, ce qui soutient la monnaie c’est le travail et la confiance des populations, la discipline et la rigueur des dirigeants et non nécessairement les biens matériels. Cette études présentée avec des arguments techniques maîtrisés par l’auteur se termine par une postface de Jean-Marie Gankou, agrégé des sciences économiques, qui invite Moïse Nzemen à continuer dans ses recherches afin de mieux édifier les lecteurs sur le concept de développement en rapport avec l’esprit et le principe des tontines. 
 

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