Peste porcine africaine : une alerte donnée

Des bêtes malades ou mortes incinérées, les exploitations touchées désinfectées pour contenir l’épizootie. Les différents acteurs appelés à la plus grande vigilance.

La rumeur d’une apparition de la peste porcine africaine (PPA) persiste depuis des jours à travers le pays, amplifiée par des images de carcasses de porcs saisies par les services vétérinaires dans la région du Littoral. Alors qu’une certaine inquiétude s’installe au sein de la population, notamment les amateurs de cette chair blanche prisée pour beaucoup de rites coutumiers, les autorités vétérinaires invitent au calme, mais surtout à la vigilance. 
En effet, bien qu’aucune source compétente n’ait encore confirmé qu’il s’agit bien de cette maladie, on sait que la PPA est une enzootie (endémie d’une maladie animale) qui sévit au Cameroun depuis le milieu des années 1980. On enregistre généralement des résurgences lors des transitions entre les saisons. De sources bien introduites, on attend encore que le laboratoire national vétérinaire (Lanavet) livre les résultats des prélèvements effectués sur les carcasses saisies récemment à Melong. D’ailleurs, le cas de ce camion n’est pas isolé. Dans la partie méridionale du pays où cette maladie sévit, de nombreux cas suspects ont été signalés. A Yaoundé par exemple, il n’est pas rare, depuis quelques semaines, de voir des éleveurs proposer le porc sur pied ou au kilogramme après abattage, à vil prix, dans les quartiers. 
Fort de ces signalements venant du réseau d’épidémiosurveillance des maladies animales (Rescam), Dr Taïga, ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales, a lancé une opération de vigilance accrue à travers le pays. En effet, d’après nos sources, une note interne datant du 25 juin 2021 instruit un ensemble de mesures à prendre. Parmi elles, l’information et la sensibilisation de tous les acteurs de la filière porcine (provendiers, commerçants, braiseurs, charcutiers, etc.), la surveillance des élevages et des marchés ; le contrôle des mouvements des bêtes ; la désinfection systématique des véhicules affectés au transport des porcs ; la réactivation des checkpoints, entre autres.  Selon le Dr Mfeussom, responsable du Rescam, c’est la mise en œuvre de ces mesures qui a conduit à la saisie du camion circulant entre le Nord-Ouest et le Littoral, mais surtout à contenir cette maladie afin qu’elle ne fasse pas plus de dégâts. De l’avis de ce spécialiste en santé animale, il s’agit d’un travail de routine pour le ministère en charge de l’élevage. 
Aucun traitement n’existant pour cette maladie, la sensibilisation reste le seul moyen de lutte. Mais comme elle n’est pas transmissible à l’homme, les spécialistes affirment que la viande d’un porc infecté peut être consommée sans danger. Toutefois, dans son comportement, l’homme peut être un propagateur du virus. En effet, le virus est très résistant dans le milieu extérieur. Il peut en effet vivre deux à trois semaines dans la fiente, trois mois sur les murs en bois utilisé pour les porcheries, six mois dans les produits de charcuterie mal faits. Il pourrait ainsi continuer à se répandre à d’autres élevages si on ne fait pas attention. 
 

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