Climat des affaires : plaidoyer pour une fiscalité de développement

Les chefs d’entreprises ont formulé leurs doléances à la faveur d’un débat entre le Gicam et les membres du gouvernement vendredi dernier à Yaoundé.

« Trop d’impôt tue l’impôt ». Une assertion populaire dans le jargon local mais qui reflète le malaise des chefs d’entreprises qui, à force de taxes, peinent à faire des chiffres. « Une entreprise existe pour faire des bénéfices et payer des charges, pas seulement pour payer des impôts », a souligné Laure Kenmogne Djoumessi, conseil fiscal et juridique. Comment dès lors rendre le système fiscal plus rationnel et lui permettre de contribuer au développement du pays? Tels étaient les préoccupations en toile de fond de l’échange entre le gouvernement représenté par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona et le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), vendredi dernier à Yaoundé. 
La rencontre qui rentrait dans le cadre de la 3e édition du débat patronal du Gicam, consistait à permettre à l’Etat et aux chefs d’entreprises d’examiner ensemble les problématiques soulevées. En effet, les chefs d’entreprise estiment que le climat des affaires est pour le moment pollué par le système fiscal au caractère confiscatoire qui résulte d’un poids accru de l’imposition assise sur le chiffre d’affaires à travers le paiement d’un minimum de perception à un taux élevé eu égard aux marges réalisées dans certains secteurs d’activités. « Nous voulons que le gouvernement nous écoute et prenne en compte nos propositions pour l’élargissement de l’assiette fiscale car la fiscalité constitue à 95% les problèmes des entreprises. Nous n’avons pas besoin d’une fiscalité punitive mais d’une fiscalité de développement », a déclaré Célestin Tawamba, président du Gicam.
Pour Grégoire Owona, un espace d’échange plus approprié serait plus indiqué pour mener des échanges sur un sujet de cette envergure. En outre, il a exhorté le Gicam à « être disposé pour mener un dialogue franc aboutissant à des solutions acceptables pour tous ». Le Dg de la Caisse autonome d’amortissement, le recteur de l’Université de Yaoundé II ainsi que l’ambassadeur chef de délégation de l’Union européenne au Cameroun ont tour à tour relevé que le débat sur la fiscalité est récurrent à travers le monde. Cependant, il faut avoir la proportionnalité dans le paiement de l’impôt qui en réalité est un outil de création de richesse. D’après Célestin Wamba, le Gicam vient ainsi ouvrir une nouvelle fois la porte au dialogue. 
 

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