« L’idéal pour l’hépatite B reste la vaccination »

Pr. Njoya Oudou, gastro-entérologue.

Une stratégie scientifique pour guérir l’hépatite virale C à moindre coût a été mise en place par un groupe de chercheurs sous votre coordination. En quoi consiste-t-elle ? 
Grâce à une négociation, le Cameroun a été éligible à une prise en charge de l’hépatite C financée par une firme néerlandaise dénommée PharmAccess. Celle-ci a financé une première phase de l’étude qui a obtenu un taux de succès de plus de 95%. Grâce à ce bon résultat, la même firme a accepté de financer la deuxième phase visant à chercher les patients là où ils sont souvent oubliés. C’est-à-dire un donneur de sang qui vient pour une action et est testé positif à l’hépatite virale C. Nous allons donc auprès des banques de sang et nous ramenons ces malades à l’hôpital pour tout le bilan et la prise en charge qui coûtent au maximum 50 000 F avec des examens de contrôle, de confirmation, pendant le traitement et les médicaments. Dans la première phase, nous avons eu 161 malades et dans la deuxième, nous sommes à plus de 200 patients. Le coût national étant à plus de 100 000 F mensuellement.
Ce traitement cible-t-il uniquement les patients de Yaoundé ?
Même si le projet est logé à Yaoundé, nous recrutons également des patients qui viennent d’ailleurs, à condition qu’ils acceptent de venir se faire consulter à Yaoundé. Parce que cela nécessite qu’on les voit à peu près toutes les quatre et six semaines. Ceci, afin de s’assurer que le traitement est bien suivi. Bien évidemment, la guérison n’est déclarée que lorsque nous avons la preuve que le virus n’existe plus dans le sang. A ce jour, nous ne sommes qu’à deux patients d’échec sur les plus de 200 malades reçus. L’arrivée de la pandémie du Covid-19 a plombé nos avoirs, parce que nous dépendons des négociations extérieures. Ce faisant, nous avons pour l’instant quelques difficultés de financements, parce qu’on aurait voulu aller plus loin que cela. Nos partenaires nous ont fait comprendre qu’ils vont être obligés de limiter l’action à une certaine date. Raison pour laquelle nous comptons soumettre cela au gouvernement. Parallèlement à ce projet, nous avons un autre programme logé à l’Hôpital central de Yaoundé qui couvre toute la région du Centre. Ce projet consiste à traiter l’hépatite virale C chez des personnes infectées par le VIH. Ce travail vise à montrer que la guérison de l’hépatite C est possible et l’objectif d’éradication de la maladie est réalisable. Grâce aux différentes négociations faites par le gouvernement, nous souhaitons  accéder au plus grand nombre de personnes à traiter.
Quelles sont les avancées concernant l’hépatite virale B ?
Le gouvernement a également fait beaucoup d’efforts. Pour l’instant, l’idéal dans la prise en charge de l’hépatite B reste la vaccination. Celle-ci commence systématiquement à l’âge de six semaines. Mais nous souhaitons que les nouveau-nés bénéficient de cette vaccination dès la naissance. Car de zéro jour à six semaines, il y a une grande possibilité d’infection. Il est établi que les infections qu’on acquiert dans la jeune enfance sont souvent destinées à faire des complications graves. Puisque l’hépatite B n’a pas de traitement curatif dans le monde, il vaut mieux prévenir que d’avoir à le traiter à des coûts exorbitants sans en guérir. Cela dit, il y a un médicament disponible au Cameroun qui permet de ramener la charge virale à un niveau moins agressif grâce à l’Etat qui a négocié avec les firmes. Mais on pourrait encore mieux faire pour permettre qu’un grand nombre puisse y accéder. Surtout pour la femme enceinte qui peut transmettre la maladie à son enfant prédisposé à faire des complications graves et très rapidement.
 

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