Discours haineux : si près de la ligne rouge…

Sur les réseaux sociaux et dans les médias, une nouvelle flambée d’écarts de langage d’une rare violence est enregistrée ces dernières semaines.


On dirait un nouveau cycle de la violence verbale et des attaques personnelles. Tel un phénix qui renaît de ses cendres, la promotion du discours haineux et des propos stigmatisants se porte étonnement bien.  Sur les réseaux sociaux, le libertinage et probablement une oisiveté poussée, sont l’humus de ces comportements irresponsables. Il suffit à cet effet de disposer d’un téléphone androïd et quelques mégas pour inonder la toile de déclarations vénéneuses, d’invectives des plus violentes. Le récent coup manqué d’un groupuscule violent et extrémiste à Genève (Brigade anti-sardinard), alimente depuis quelques jours une énième flambée d’injures et de dénigrements. Comment cela s’est-il théorisé et matérialisé ? Au départ, les organisateurs de la manifestation interdite du 17 juillet dernier en Suisse contre le président de la République, Paul Biya, se sont présentés comme des « démocrates » et des « patriotes ». Par voie de conséquence, tous ceux qui ont dénoncé ces agissements et cette violence contre les institutions républicaines, ont été étiquetés comme des « antipatriotes » ou encore « des apôtres de la dictature ». Bien plus, un lynchage collectif s’en est suivi. 
Des joutes à coup de mots, voire d’invective d’une rare violence ont glissé dans la vie privée de plusieurs personnalités. Désormais, on sait pourquoi tel universitaire n’est pas marié, pourquoi tel autre n’a pas d’enfants…simplement parce qu’ils ont osé dire ce qu’ils pensent, ou émis un avis contraire par rapport au flot et au flux d’invectives. Dans ce concert de clivages et de « clanisation » nauséeux, d’autres entrepreneurs de la haine ont par exemple produit la liste des préfets et des ambassadeurs du Cameroun en fonction. Du moins, quelques noms de ces hauts fonctionnaires ayant en commun une même consonance et une appartenance éthno-culturelle. Leur conclusion est évidemment celle que « seule une ou deux tribus sont dans la mangeoire ». Conséquence, il faut lyncher les membres de ces groupes sociologiques.  
Les médias classiques sont, eux-aussi, devenus la tribune de ces attaques haineuses et insidieuses. Des titres de journaux sont nés et se sont positionnés grâce, hélas, à ce qu’on appelle commodément « tirs groupés » contre des personnalités. Sur les plateaux de radio et télévision, des clubs spécialisés dans la « frappe » prospèrent allégrement. Certains profils connus de l’opinion ont désormais des positions tranchées et virulentes, véritable poison à la cohésion sociale et le vivre ensemble. La fièvre du discours haineux monte. Un traitement de choc s’impose. 
 

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