Lutte contre Boko Haram : l’heure de la remobilisation

Les dernières attaques meurtrières de la secte terroriste montrent clairement que cet ennemi, bien qu’affaibli tente de se réorganiser.

Après plusieurs mois d’accalmie dans la région de l’Extrême-Nord, la secte terroriste semble reprendre du poil de la bête depuis quelques semaines. En fin de semaine dernière et au début de cette semaine, l’armée camerounaise a subi deux attaques meurtrières sur ses positions dans le département du Logone et Chari. La premières’est déroulée dans la matinée du samedi 24 juillet  2021 dans la localité de Sagme, située dans l’arrondissement de Fotokol. Selon le communiqué publié par le ministère de la Défense, une horde de terroristes lourdement armés et àbord de plusieurs véhicules tactiques légers a mené un raid sur le poste avancé de l’opération Emergence 4. Le bilan fait état de 8 militaires tués et 13 blessés. Trois jours après, les adeptes de la secte terroriste, munis d’une logistique similaire, ont lancé l’assaut sur une position du secteur N°2 de la Force Multinationale Mixte (FMM)dans la localité de Zigue, arrondissement de Waza. Le bilan de violents combats qui s’en sont suivis fait état de cinq militaires et un civil tués et trois blessés. Dans les deux attaques, plusieurs assaillants ont été neutralisés. Ces deux incursions qui s’ajoutent à plusieurs autres contre les populations civiles dans les départements du Mayo-Tsanaga, du Mayo-Sava et du Logone et Chari ces derniers mois, soulignent à suffisance que la guerre contre le terrorisme dans le Bassin du Lac Tchad est loin d’être terminée. Cette recrudescence des expéditions meurtrières dissipe donc tout doute sur la capacité de résilience de cette organisation terroriste. L’armée camerounaise a certes réussi à nettoyer les différentes bases de la secte, mais l’ennemi a replié et s’est réorganisé de l’autre côté de la frontière. Malgré la disparition deson gourou et de son donneur d’ordre, Abubakar Shekau, le 19 mai 2021 dans la forêt de Sambisa au Nigeria, Boko Haram n’a rien perdu de sa capacité de nuisance. Bien au contraire, l’organisations cindée aujourd’hui en deux factions rivales, va chercher à occuper davantage de l’espace dans la zone du bassin du Lac Tchad. Le successeur de Shekau, Bakura Modu alias Sahalala a promis de poursuivre le combat. La branche dissidente dirigée par Abou Mosab al-Barnaoui a choisi le pourtour du Lac 10.000 hommes nécessite pour les pays engagés dans la lutte contre le djihadisme une réorganisation de leurs moyens et stratégies de lutte. Les forces de défense et de sécurité mobilisées au front doivent ainsi intégrer cette nouvelle donne qui n’est que la conséquence d’une guerre d’usure. La nouvelle impulsionque va insuffler le nouveau leader de Boko Haram et la montée en puissance du groupe de Barnaoui vont certainement causer du stressaux troupes « amies ». La visite du ministre délégué à la présidence chargé de la Défense dans la région de l’Ex-trême-Nord permettra, non seulement de dresser l’étatdes lieux mais surtout de réorganiser le dispositif de riposte. La question du renforcement des moyens humains et logistiques sera certainement posée. Tout comme la nécessité de la réactivation des comités de défense. Les autorités administratives aussi vont sansdoute se remettre en alertepour sensibiliser les populations afin qu’elles apportent leur soutien aux forces de défense et de sécurité, notamment à travers le renseignement prévisionnel.

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