Peste porcine : des cargaisons de bêtes contaminées détruites

Malgré l’arrêté du gouverneur interdisant la circulation des porcs, certains acteurs s’entêtent à transporter les bêtes pour la région du Littoral, mettant en danger l’ensemble de la filière.

Jeudi dernier, une cargaison de plus d’une quarantaine de porcs morts a été interceptée au niveau de la barrière de contrôle sanitaire de Santchou, dans le département de la Menoua. Ces bêtes, décédées des suites de la peste porcine africaine qui sévit depuis plusieurs semaines, étaient convoyées dans la région du Littoral pour être commercialisées. Samedi matin, à Melong, dans la région du Littoral, une quinzaine de porcs ont été également saisis par les forces de maintien de l’ordre. Les équipes de contrôle de la délégation régionale du ministère de l’Elevage, des Pêches et des industries animales de l’Ouest (Minepia) ont immédiatement procédé à la destruction de ces bêtes. Cette action répressive et dissuasive a pour but de stopper les velléités de certains « chasseurs de prime » qui, du fait de l’interdiction de la circulation et commercialisation des porcs dans la région de l’Ouest, ont entrepris de convoyer coûte que vaille les bêtes dans la région du Littoral où les marchés restent ouverts à la circulation et vente du porc. 
Pour échapper aux différentes barrières de contrôle du Minepia à Bandjoun, Bafang, Kekem, Santchou, Babadjou, carrefour Dschang, etc., ces chasseurs de primes (généralement des transporteurs à qui les bêtes ont été confiées) n’hésitent pas à emprunter des pistes sinueuses dans les villages, faufilent dans les champs, en dissimulant les bêtes dans des camions de transport de choux, des pick-up et même des petites voitures. Le but étant de traverser la région de l’Ouest. Une fois à Melong, ils peuvent sereinement écouler leur marchandise, puisque les mesures de restriction n’existent pas encore dans cette région. Une attitude qui met en péril la filière qui subit depuis plusieurs semaines les affres de la peste porcine africaine. Pour le délégué régional du Minepia de l’Ouest, Dr Jonas Temwa, il se pose un problème de prise de conscience de certains acteurs de la filière qui ne comprennent pas la nécessité de protéger le cheptel de la région de l’Ouest et des autres régions. 
Bien que la peste porcine africaine soit sans réel danger pour l’humain, il explique que la manipulation des bêtes, les eaux versées dans la nature constituent des risques de propagation du virus qui peut décimer l’ensemble du cheptel et mettre à mal l’économie du secteur. Fort heureusement, les grands élevages de la région de l’Ouest qui disposent de plus de 500 sujets et les fermes de multiplication ne sont pas encore atteints par le virus. La collaboration avec son homologue du Littoral a permis déjà de saisir des cargaisons de porcs qui ont été détruites. Il faut désormais redoubler de vigilance afin de neutraliser le virus rapidement. 
 

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