Création des partis politiques : faut-il serrer la vis ?

Au regard du nombre de formations politiques sur le fichier et du déploiement sur le terrain, la question se pose.

Au dernier décompte, l’on enregistrait 328 partis politiques au Cameroun. Si évident pour qu’on parle de la vitalité du pluralisme politique au Cameroun. Mais aussi, un indicateur de ce que la scène politique devait être animée et bouillonnante. Sauf que combat fait est tout autre ; les partis politiques, dans leur large majorité, ont abandonné le terrain. On semble bien avoir à faire à des regroupements familiaux, régionaux, voire ethniques, qui ne se réveillent (pour quelques-uns) qu’en période électorale. 
Dès lors, l’on se demande si ce n’est pas le processus de création des partis politiques qui offre trop de flexibilité. En effet, la loi n°90/056 du 19 décembre 1990 relative aux partis politiques définit, en son chapitre II, les conditions pour mettre sur pied une formation politique. Le dossier comprend : la demande timbrée indiquant les noms, adresse ainsi que l’identité complète, la profession et le domicile de ceux qui sont chargé de la direction et/ou de l’administration du parti, le bulletin N°3 du casier judiciaire des dirigeants, le procès-verbal de l’assemblée constitutive en triple exemplaire, les statuts en triple exemplaire, l’engagement écrit avec signature légalisée de respecter les principes comme la non-atteinte à l’unité ou à l’intégrité nationale, à la forme républicaine de l’Eta, à la souveraineté nationale…, un mémorandum sur le projet de société ou le programme politique du part, l’indication du siège. 
D’autre part, « la demande de création d’un parti politique se fait par le dépôt d’un dossier complet auprès des services du gouverneur territorialement compétent ». Ce dernier dispose de 15 jours francs pour transmettre le dossier au ministre chargé de l’Administration territoriale. L’article 7 de la loi sus-indiquée souligne que « la décision autorisant l’existence légale d’un parti politique est prise par le ministre chargé de l’Administration territoriale ». En cas de silence gardé pendant trois mois à compter de la date de dépôt de dossier auprès des services du gouverneur territorialement compétent, « le parti est réputé exister légalement ». 
Il apparaît clairement, au regard des conditions énumérées ci-dessus, que la création d’un parti politique au Cameroun est simple et simplifiée. Dans ce contexte, d’aucuns pensent que, pour freiner certains « fantaisistes », l’on pourrait par exemple imposer une caution à verser par le futur responsable de parti. Ce qui serait comme un gage de sérieux et de détermination à contribuer effectivement à l’expression du suffrage universel et de la pluralité des opinions. Sur un autre plan, ces partis politiques, selon certains, peuvent être astreints à la présentation des rapports d’activités sur une période donnée. Faute de quoi, ils pourraient être suspendus et, en fin de compte, dissouts. Mais d’un autre côté, la volonté de promouvoir et de protéger les libertés publiques est un élément non négligeable. Celui-ci reste à prendre en compte aujourd’hui.
 

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