Tet’Ekombo 2021 : en marche vers la réhabilitation

La conférence de lancement de l’hommage à Rudolf Douala Manga Bell hier à la cour royale à Bali a abordé une des questions au cœur de cette 107e édition.

Un contexte particulier accueille cette 107e édition d’hommage à Rudolf Douala Manga Bell, le Tet’Ekombo 2021, qui s’ouvre officiellement à Douala ce 4 août, jusqu’au 8 prochain, jour anniversaire de la pendaison du premier nationaliste camerounais par le colonisateur allemand, sous le thème « Mulatako », union en français. Un contexte marqué par un processus de réhabilitation, depuis 2014 du « père de la nation » (Tet’Ekombo) et de reconnaissance par les autorités allemandes du crime qui a été commis contre Rudolf (et son secrétaire et cousin Adolf Ngosso Din), alors accusé de haute trahison, alors qu’il n’était pas citoyen de la puissance impérialiste. Un processus plus avancé en Allemagne qu’au Cameroun. C’est dans ce cadre que s’est tenue la conférence de lancement du Tet’Ekombo 2021 à la cour royale du canton Bell à Bali, hier 3 août, sous le thème : « Peut-on envisager la réhabilitation de Rudolf Douala Manga Bell ? »
Et que soit pour Henri Manga, homme de culture, Marilyn Douala Manga Bell, présidente de Doual’art et arrière-petite-fille de Rudolf, ou encore Ebenezer Ekwe, président du comité d’organisation du Tet’Ekombo de cette année, il s’agissait de rappeler que le roi Douala Manga Bell n’appartient plus seulement au canton, mais à la nation tout entière. Parce qu’il est le premier à avoir envisagé de rassembler tous les autres combattants, envoyant ses émissaires aux quatre coins du jeune territoire qu’était le Kamerun, pour s’unir contre l’envahisseur. L’exemple de Douala Manga Bell, en ce moment où le pays est traversé par plusieurs crises est donc une invitation adressée aux Camerounais pour un développement commun du pays. D’où ces mots de Marilyn Douala Manga Bell : « Il ne s’agit pas de la réhabilitation seulement du nom de Rudolf, mais aussi de la réhabilitation du Cameroun en tant que nation. »
Une réhabilitation camerounaise qui passe par la personnalité à copier de Rudolf selon les intervenants, pour le Camerounais nouveau. Un homme incorruptible, un juriste patriote qui portait un « message de paix et d’amour » selon Ebenezer Ekwe, qui a refusé de prendre les armes et a choisi le droit, jusqu’au sacrifice suprême pour les siens. Sa place dans l’histoire est mieux dévoilée dans l’exposition en cours en Allemagne au musée Markk, « Hey Hamburg, do you know Rudolf Douala Manga Bell? », dont une visite virtuelle aura lieu samedi depuis Douala. Avant la fin des festivités et rites dimanche sur le site de la pendaison à Bonanjo.

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