« Les plus de 50 ans sont un groupe prioritaire »

Dr Shalom Tchokfe Ndoula, secrétaire permanent du Programme élargi de vaccination.

Pourquoi le faible engouement des personnes de plus de 50 ans pour la vaccination ?
Cela peut s’expliquer par une faible perception ou une méconnaissance des risques de la maladie spécifique pour cette tranche d’âge. On n’a pas suffisamment montré à quel point la maladie est grave pour les personnes de plus de 50 ans. Pourtant, si on s’en tient aux données, on constatera que plus de 60% des personnes décédées avaient plus de 50 ans. De même, la plupart des personnes hospitalisées ont plus de 50 ans. C’est la raison pour laquelle les plus de 50 ans sont considérés comme groupe prioritaire. Une couverture d’environ un tiers n’est pas totalement mauvais. Je pense qu’on devrait couvrir plus de 80% de cette tranche d’âge avant l’arrivée de la troisième vague pour garantir une diminution de risques et une surcharge de travail pour le système de santé. Surtout qu’il n’a pas la capacité d’accueillir beaucoup de personnes en réanimation ou de produire assez d’oxygène.


L’Extrême-Nord et le Nord-Ouest ont les meilleurs scores. Comment l’expliquer ?
Dans les régions qui ont l’habitude d’organiser des campagnes de vaccination ou des interventions de santé au niveau de la communauté, les gens saisissent rapidement l’importance. Le contact avec les personnels de santé est beaucoup plus fréquent que dans les grandes villes. En plus, il y a le souvenir des épidémies gérées rapidement avec la vaccination comme la méningite ou le choléra. Globalement, il y a une certaine connaissance de la valeur du bénéfice des interventions de santé à titre préventif, y compris de la vaccination.


Quelle stratégie avez-vous adoptée pour une meilleure couverture ?
La stratégie adoptée en ce moment consiste globalement en deux approches. D’abord, augmenter la capacité de l’offre en continuant l’équipement des centres de santé avec les réfrigérateurs pour conserver les vaccins à une température stable et normale. Ensuite, on augmente les points de vaccination. De façon périodique, nous organisons les campagnes pour que les équipes mobiles puissent arriver aux populations. Le changement s’opère, même s’il est lent.
 

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