Système de mi-temps : ce sera progressif

Dans les établissements à effectifs importants, des dispositions sont prises pour un meilleur rendement cette année.

Affairée à pétrir la pâte des beignets, Modestie Nana s’inquiète du niveau de son fils. Il passe en classe de Troisième au Lycée bilingue de Mendong à Yaoundé dès le 6 septembre prochain. L’inquiétude de cette mère vient surtout de ce que les programmes n’ont pas été entièrement couverts l’an dernier. « Avec le système de mi-temps, il n’a presque pas eu de cours de mathématiques. L’enseignant n’était pas disponible. Les cours prévus pour la sixième séquence non plus n’ont pas été couverts », regrette-t-elle. Pour elle, « c’est très compliqué d’inscrire un élève aux cours de vacances quand il n’a même jamais eu de cours à l’école, ni en ligne. Il va lui manquer des bases », dit-elle. C’est que le système de mi-temps s’est imposé avec ses codes depuis la survenue du Covid-19. L’inquiétude des parents grandit face à une nouvelle vague de la pandémie annoncée au Cameroun en cette veille de rentrée. Les chances de maintenir la mi-temps sont élevées.
Les enseignants aussi prennent des dispositions. Professeur de français et d’anglais au Lycée bilingue d’Etoug-Ebe à Yaoundé, Carine Marcelle Ango envisage des ajustements pour éviter les écueils de l’an dernier. « Je compte distribuer des fiches de cours à l’avance aux élèves. L’an dernier, j’ai dû sauter des leçons sur la progression afin d’enseigner celles que je jugeais plus importantes », dit-elle. Approche similaire pour Fabrice Nouanga, enseignant de français. « J’ai apprêté des fiches de centaines de leçons à distribuer aux enfants. J’ai aussi préparé quelques supports de cours audio à envoyer dans leurs téléphones. J’envisage en plus des séances de travaux dirigés chaque samedi pour avancer dans le programme », dit-il. La préoccupation des enseignants reste surtout l’équité dans la couverture des programmes pour tous les élèves. « Dans les établissements exemptés du système de mi-temps, les élèves ont un avantage grâce à la couverture des programmes, les exercices et autres travaux dirigés. Il serait intéressant de trouver un moyen d’équilibrer avec les autres », estime Fotso Fonkam, enseignant de français au Lycée d’Akono.
Ce système s’étend également au primaire, pour ceux ayant des effectifs importants. L’école publique d’Olézoa abrite quatre groupes. Sur place, on s’est déjà habitué à ce système. « Nous alternons les semaines de cours le matin ou dans l’après-midi pour chaque groupe. Nos élèves aussi ont déjà intégré cela et nous parvenons à couvrir les programmes », assure Françoise Zoo, directrice du groupe II. Ailleurs, des dispositions sont prises. Entre autres, l’aménagement de nouvelles salles de classe, une répartition des enveloppes horaires de cours plus équitables entre les enseignants, mais aussi le recrutement des enseignants vacataires autant que possible.
 

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