Marché de Nkolndongo : une gibecière au cœur de Yaoundé

Dans ce point de vente, on retrouve de la viande de brousse (biche, pangolin, lièvre, hérisson, etc.) Mais aussi beaucoup de poissons d’eau douce.

« La mère voici la bonne biche, bien boucanée ». « Le père j’ai les grosses vipères ». Voilà le type d’accueil réservé aux clients du marché au gibier de Nkolndongo. Ce vendredi 27 août, c’est plutôt une ambiance festive qui y règne. Sans raison particulière, les commerçants esquissent quelques pas de danse dans cet environnement pas très salubre. En effet, entre des flaques d’eau et de boue, des cailloux, des déchets d’animaux, il est difficile de circuler. Le marché s’étalant sur une trentaine de mètres carrés est la propriété d’un particulier à qui les commerçants versent un loyer de 25000 F par semaine. Une somme qui leur permet de disposer d’un espace pour une table et une chaise. L’embouteillage est de ce fait au rendez-vous. Malgré la promiscuité, ce marché est très fréquenté. C’est l’adresse par excellence pour qui veut consommer de la viande de brousse. De quoi garantir des gains considérables à la vingtaine de commerçants mobilisés ici dès 7 h tous les jours. 
Le marché connaît deux grands moments : entre 6 h et 12 h puis, entre 16 h et 18 h. On observe une morosité entre ces deux tranches horaires. De lundi à dimanche donc, les commerçants proposent aux acheteurs plusieurs variétés de gibier principalement issues des espèces non-protégées. On y retrouve de la viande fraîche ou boucanée. Les espèces les plus répandues sont le lièvre, le porc-épic, le hérisson, la biche, le pangolin, les reptiles (serpent, crocodile, varan, etc.), le singe, le chimpanzé, le sanglier et le rat palmiste. « Je fréquente ce marché parce que je peux trouver un peu de tout en journée comme en soirée », confie Andréa Akono, ménagère. Il faut cependant noter que ces animaux de brousse n’étant pas tous autorisés à être chassés, ces vendeurs s’exposent à des contrôles du ministère des Forêts et de la Faune. Des descentes inopinées sont donc organisées et des espèces protégées saisies, lorsque les agents compétents en trouvent. En dehors du gibier, il est possible de trouver du poisson d’eau douce (kanga, silures…) et des chenilles.
Les commerçants sont des revendeurs qui se ravitaillent auprès des chasseurs venant des zones forestières du Cameroun. Il s’agit prioritairement du Sud, de l’Est et de certains villages du Centre (Nkoteng, Nanga-Eboko, Akonolinga…). La clientèle aussi est d’origines diverses. Il y en a qui viennent se ravitailler pour leurs ménages, d’autres pour leurs restaurants. A ceux-ci, il faut ajouter des expatriés. « J’ai des contacts de certains étrangers à qui je propose régulièrement du gibier. Ils sont de très bons clients », révèle Junior Penda, commerçant.  Plusieurs petits métiers sont nés autour de cette activité. Il s’agit, entre autres, du nettoyage et du découpage. Munis de bottes, gants, blouses, bouteilles à gaz, chalumeaux complets (détenteur, tuyau), couteaux, manchettes, éponges métalliques, les nettoyeurs sont un maillon important de la chaîne pour les clients qui veulent repartir avec du gibier prêt à cuire. A côté d’eux, des femmes offrant des épices, du plantain, des ignames sont installées. A la fin de chaque semaine, le président de ce marché qui n’a pas voulu se prononcer reverse une quote-part de 200 F par commerçant à la mairie de Yaoundé IV. Il supervise aussi les activités du marché. Celles du mardi propre notamment.
 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category