Exposition au mercure : comment limiter les dégâts

Un projet dédié, évalué à 303,3 millions de F est en cours de mise en place depuis hier, sous l’égide du ministère de l’Environnement.

546 500 dollars, soit 303,2 millions de F. C’est le montant global du projet dédié à la protection de la santé humaine et de l’environnement contre les effets néfastes du mercure dans les régions de l’Ouest et de l’Adamaoua. Pour lancer officiellement ce projet de deux ans (2021-2023), le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded), organise depuis hier à Mbankomo, un atelier. Cette rencontre qui prendra fin ce jour regroupe de nombreux experts des administrations sectorielles, des organisations non gouvernementales exerçant dans le domaine de la protection l’environnement, des universitaires ainsi que des professionnels de ce secteur d’activité. L’objectif global est d’informer les parties prenantes sur le projet et de définir les axes prioritaires pour l’élaboration du plan d’action national.  « L’atelier pour lequel nous sommes à Mbankomo est stratégique. On nous montre que l’activité d’extraction de l’or à petite échelle se fait en recourant au mercure qui est un métal lourd extrêmement toxique. On a également vu qu’entre le moment où on y est exposé et le moment où les effets dévastateurs se font sentir, il peut se passer des dizaines d’années », explique Paul Tchawa, secrétaire général du Minepded. Selon lui, cet atelier permet ainsi d’anticiper en développant un plan d’action mobilisant tous les porteurs d’enjeux pour faire en sorte « qu’on élimine progressivement le recours à ces métaux lourds. On n’a pas d’autre choix que de nous engager afin de mettre en œuvre des activités visant l’élimination et la réduction systématique des effets », a ajouté le secrétaire M. Tchawa. 
Le 18 décembre 2018, le Cameroun a ratifié la convention de Minamata (Japon) sur le mercure. Ce qui implique un accord sur un certain nombre de produits, dont la fabrication, l’importation et l’exploitation seront interdites dans les thermomètres, les instruments de mesures de la tension, les batteries, les interrupteurs, les crèmes et lotions cosmétiques éclaircissantes ainsi que certains types de lampes fluorescentes. 
Lors de cet atelier, le point focal de ce projet, Eliane Marina Mereng Bodo a exhorté toutes les parties prenantes à prendre des mesures en vue de trouver des alternatives au mercure. « Dans le cadre de ce projet, il sera question d’évaluer les capacités nationales en matière de santé publique, d’effectuer une collecte et une analyse des données sanitaires des populations qui sont exposées ou intoxiquées par le mercure dans le secteur », a-t-elle affirmé. L’une des voies d’exposition au mercure est l’inhalation lors de l’orpaillage artisanal. « Il sera question de développer des stratégies à l’instar de la communication et de la sensibilisation des différents acteurs sur les méfaits de l’utilisation du mercure », a-t-elle dit.
 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category