Chenal du Wouri : quand les pêcheurs prennent des risques

La zone riche en poisson les attire, mais le passage de bateaux peut les faire chavirer, d’où des interventions régulières du Bir.

Entre la base navale de Douala et Manoka, les embarcations du Bir zone Douala sont obligées de s’immobilier à plusieurs reprises au quotidien face à des pirogues de pêcheurs. « Nous sommes obligés de nous arrêter parce que si nous fonçons, nos vagues risquent de faire chavirer ces petites pirogues de pêche. Nous en profitons pour les sensibiliser sur le fait que le chenal n’est pas une zone de pêche », explique à CT un des responsables du Bir zone Douala.
Le constat est évident pour tous ceux qui empruntent le chenal du Wouri : nombre de pêcheurs s’y aventurent de jour comme de nuit, en raison de la concentration de la ressource halieutique observée sur ce passage. Le chenal, fréquenté par les bateaux, devient ainsi une zone dangereuse pour les pêcheurs. « Il peut arriver qu’on enregistre un décès pendant la navigation de nuit dans ces zones. Surtout quand il s’agit des gros navires. La nuit, le commandant n’a forcément pas une bonne visibilité de cette zone fréquentée par les pêcheurs. En fait c’est comme si les poissons savent que cette zone est protégée et viennent s’y abriter », soutient un élément du Bir.
Du coup, ce corps de l’armée sensibilise les pêcheurs lors de ses patrouilles. Une tâche rendue difficile du fait de l’incivisme de ces derniers, qui persistent dans cette zone poissonneuse. Rendue sur les lieux, l’équipe de CT a pu observer l’interpellation d’une pirogue par des militaires. Les passagers de la pirogue n’avaient en fait que des produits de première nécessité destinés au ravitaillement des populations du village Cap Cameroon. Il faut aussi noter que la présence constante de pêcheurs sur le chenal a d’autres conséquences : les filets de pêche et autres déchets générés par ces derniers bloquent parfois des moteurs d’embarcations. Ce qui donne davantage de travail à la drague « Monts Mandara » du Port autonome de Douala...
Outre les pêcheurs, le chenal du Wouri est réputé servir de voie de passage sporadique à des pirates et autres contrebandiers. D’où les contrôles accrus de nos forces de défense. Les navires sont escortés par les éléments du Bir zone Douala jusqu’au port. « Il y a longtemps que nous n’avons plus enregistré un acte de piraterie maritime dans ce chenal, véritable autoroute économique non seulement du Cameroun mais aussi de l’Afrique centrale », indique une source militaire à CT.

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