Examens : note éliminatoire, c'est fini !

Les candidats aux examens officiels ne feront plus face à cet élément que beaucoup considéraient comme un blocage. Des conséquences aussi sur la manière d’évaluer.

Les examens officiels de la session 2021 ont enregistré des taux de réussite appréciable. Plus de 73,37% au baccalauréat de l’enseignement général. Loin des 47,22% enregistrés en 2020. Ou encore les 60,50% de 2019. Un score difficilement atteint depuis dix ans pour cet examen. Jusqu’ici, le taux de réussite franchissait difficilement les 60%. Surprise identique pour le probatoire de l’enseignement général passé de 31,96% en 2020 à 49,88% cette année. L’enseignement technique aussi enregistre de bons résultats pour la session 2021. D’abord pour le baccalauréat STT avec ses 66,89% de taux de réussite. Mieux que les 56,13% de l’année précédente. Le bond est plus important avec les brevets de technicien STT. Les taux de réussite en 2021 sont de 75,90%, loin des 47,58% de l’an dernier. Ce saut qualitatif dans les résultats aux examens officiels n’est pas fortuit. L’annulation de la note éliminatoire pour les candidats aux examens officiels y est pour quelque chose.
Après un bilan des examens officiels effectué par le ministre des Enseignements secondaires, cette nouvelle mesure repose sur l’approche pédagogique adoptée par l’Etat. « Avant l’entrée en scène de l’approche par compétences, lorsqu’un candidat de la série A avait par exemple la note de 4/20 en français, il était éliminé. Si un autre de la série C avait moins de 5/20 en mathématiques, il était également éliminé. Cela, même s’il avait obtenu 13 ou 14/20 en d’autres matières », relève Etienne Roger Minkoulou, le directeur de l’Office du baccalauréat du Cameroun. En effet, la note éliminatoire concernait les matières de premier groupe, également appelées matières de base. A en croire les responsables de l’OBC, il n’était pas conseillé d’avoir une note inférieure à 5/20. Au risque d’être éliminé. Dès la session 2021, tout a changé. Ce qui a permis à nombre de candidats de passer cette barrière de sélection. « Avec l’approche par compétence, on ne regarde plus la note. On cherche à savoir si le candidat a acquis la notion ou pas. Cela fait partie des exigences de l’environnement juridique autour de cette approche pédagogique », ajoute le directeur de l’OBC. Pour lui, cette approche a atteint sa maturation en termes d’implémentation avec la session 2021.
Si cette nouvelle mesure réjouit les candidats aux examens, certains enseignants s’interrogent sur le niveau réel des nouveaux diplômés. « Comment est-on sûr que l’enfant qui passe en classe supérieure ou entre à l’université aura effectivement retenu les fondamentaux nécessaires ? Au moins, ce tamis permettait de faire évoluer ceux qui ont compris le minimum », assure un enseignant de mathématiques. Les résultats de 2021 ont fait plus d’heureux que d’habitude. Les fruits de cette mesure demandent sans doute encore un peu de temps pour être perçus.
 

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