Passation des marchés publics en ligne : ça traîne

Constat fait par le ministre délégué à la présidence de la République chargé des Marchés publics dans un communiqué rendu public mardi dernier.

La passation des marchés publics en ligne semble ne pas suffisamment susciter l’engouement des maîtres d’ouvrage et maîtres d’ouvrage délégués. C’est en tout cas le constat fait par le ministre délégué à la présidence de la République chargé des Marchés publics (Minmap), Ibrahim Talba Malla. Dans un communiqué publié le 14 septembre dernier portant sur la publication des performances des acteurs sus-indiqués dans le cadre de la passation des marchés publics par voie électronique sur la plateforme Coleps (Cameroon Online E-procurement System), le Minmap indique que l’exploitation des rapports d’utilisation de la plateforme, ainsi que les lettres de performances servies auxdits acteurs pour le compte de l’exercice 2020 et du premier semestre de l’exercice 2021, « il ressort une nette évolution des statistiques de passation des marchés en ligne, qui reste faible au regard du volume de marchés passés en général. » Concrètement, sur les 200 marchés sélectionnés et qui sont censés être passés en ligne en 2021, on ne dénombre que 76 au 31 août 2021. 
Les raisons de cette situation sont de plusieurs ordres, d’après le chef de division des systèmes d’information, par ailleurs coordonnateur du projet de dématérialisation des procédures de passation des marchés publics au Minmap, Pascal Pierre Ahanda. Il y a par exemple que « les acteurs ont du mal à s’adapter aux changements. Ils pensent que la passation des marchés publics en ligne est assez complexe et ont parfois peur de l’informatique et de l’outil informatique. Ils préfèrent rester sur leurs papiers physiques ou font plus confiance à leurs registres. », explique Pascal Pierre Ahanda. Lequel poursuit en indiquant que ces acteurs s’interrogent également sur la sécurité des informations publiées sur cette plateforme. Cette réticence tient également au fait que « le cadre juridique n’est pas très contraignant ». En ce sens que le décret du Premier ministre du 5 janvier 2018 qui encadre la passation des marchés publics par voie électronique dit bien que « le choix de passer un marché en ligne appartient au maître d’ouvrage. Ce qui suppose qu’il n’y a donc pas de mesure coercitive », martèle le coordonnateur de ce projet. A ces raisons s’ajoutent le faible accès à l’électricité pour ceux qui sont basés dans l’arrière-pays et l’instabilité de la connexion internet, précise Pascal Pierre Ahanda. Certains maîtres d’ouvrage et maîtres d’ouvrage délégués admettent effectivement avoir des problèmes à utiliser cette plateforme, du fait des difficultés liées à l’exercice de cette activité en ligne. Mais au Minmap, il n’est point question de baisser les bras dans ce processus qui n’est qu’à sa phase pilote et ne concerne que 60 acteurs. D’ailleurs, détaille le chef de division des systèmes d’information, « la publication des performances par le Minmap vise à encourager ces acteurs à utiliser cette plateforme, parce que cela participe de la bonne gouvernance matérialisée par la transparence dans les procédures, la simplification des procédures et la lutte contre la corruption », car, conclut-il, dès 2024, le nombre d’acteurs concernés va s’élargir.
 

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