Lutte contre les médicaments contrefaits : l’Afrique en ordre de bataille

Les experts venus de vingt pays se concertent depuis hier à Yaoundé au cours d’un séminaire régional organisé par le Projet Droits de propriété intellectuelle et innovation.

Des actions fortes pour définitivement en finir avec les médicaments illicites et contrefaits en Afrique. C’est ce à quoi s’adonnent depuis hier à Yaoundé des hauts fonctionnaires de la santé, des services de police, des douanes, des universitaires et des experts en propriété intellectuelle de vingt pays africain. C’est dans le cadre d’un séminaire régional organisé par le projet de droits de propriété intellectuelle et innovation en Afrique (AFripi), en partenariat avec l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi), mise en œuvre par l’Union européenne.
Rose Ngono Mballa, directeur du Laboratoire national du contrôle de la qualité du médicament (Lanacome) a fait savoir au cours de la leçon inaugurale que les médicaments de première nécessité constituaient 35% des médicaments illicites qui circulent, créant ainsi des intoxications et des échecs thérapeutiques. Elle appuie que même les dispositifs médicaux comme les lentilles de contact, les tests de dépistage de VIH, le matériel dentaire et les prothèses mammaires n’échappent pas à la contrefaçon. « Le marché du médicament contrefait est beaucoup plus productif que le commerce de la drogue. Finalement les populations des pays pauvres sont utilisées pour animer ce marché, ce qui endommage le système de santé de ces pays, c’est pourquoi il faut renforcer le système de défense », a-t-elle souhaité. Dans la même veine, le Dr Solange Kouakap, Inspecteur général des services pharmaceutiques et des laboratoires au ministère de la Santé publique, a ajouté que « les différentes épidémies que connaissent le continent africain sont des facteurs qui accélèrent la circulation de ces médicaments. Ainsi nous voyons de plus en plus circuler des faux masques, des gels hydro-alcooliques hors normes, des vaccins falsifiés. Il faut redoubler de vigilance ».
Face à cette situation, le gouvernement camerounais n’est pas resté de marbre. Le pays s’est doté d’un plan national de lutte contre le faux médicament et le trafic illicite des produits pharmaceutiques. Le Premier ministre, chef du gouvernement, a mis en place un Comité national multisectoriel qui permet de donner des orientations concernant la prolifération de faux médicaments. Le Cameroun a également mis en place un laboratoire national de contrôle de la qualité du médicament. Mais hélas, les malfrats réussissent toujours à trouver des stratégies pour passer entre les mailles du système. 
 

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