Exposition : Fatima, pour la passion du bois

La plasticienne a présenté son expo de sculpture à Yaoundé le 24 septembre dernier.

Une porte sculptée qui parle. Le public de Yaoundé a découvert la dernière œuvre de la plasticienne Fatima Megna au quartier Golf le 24 septembre dernier. Ladite porte présente le Roi des Bamouns et sa reine mère en train de célébrer l’arrivée de leur fils. Un serpent à deux têtes plane alors au-dessus d’eux, symbole de la victoire. La cour royale est revêtue de décorations et de cauris représentant la richesse et la fertilité. Des danses traditionnelles sont exécutées le long de cet espace festif en faveur du prince. Entièrement sculptée en trois mois, l’œuvre de la plasticienne Fatima Megna est vendu au prix de 3 000 000 de F. « L’important pour moi c’est de valoriser la sculpture sur bois, mais aussi d’amener les uns et les autres à adopter ce style et à valoriser nos essences », a déclaré l’artiste.    
Trois portes exprimant des scènes diverses, plusieurs tableaux sculptés et objets de collection réalisés ont été exposés le week-end dernier. Les amoureux de l’art ont apprécié de près la beauté de l’Iroko, du Sapeli et du Bubinga. Fille de collectionneur d’art doublé d’une casquette d’antiquaire, Fatima Megna consacre ses productions à la vie ancestrale et aux rites développés à Foumban. « J’ai été inspirée par la décoration de la maison de mon père. Notre maison possédait des porte-rideaux en bois sculptés et chaque jour, je m’interrogeais sur les personnages sculptés. Jusqu’à ce qu’il me conduise chez son sculpteur. C’est à cette période que je convaincs mon père de me laisser apprendre cet art », raconte Fatima. Vivant à présent entre la Suisse et le Cameroun, la plasticienne parcourt le monde avec ses œuvres. 
Fatima compte près de 200 œuvres à son actif. Aujourd’hui chef d’entreprise, Fatima veut encourager les femmes de son pays d’origine à s’investir dans la sculpture sur bois. « Je veux faire comprendre à mes jeunes sœurs qu’elles peuvent vivre de leur art. J’ai aimé la sculpture, je l’ai appris, cela n’a pas été aisé au départ mais j’ai pu tirer mon épingle du jeu. Grâce à cette activité, je parcours le monde et je rencontre d’autres artistes, d’autres inspirations », déclare Fatima Megna. Celle-ci prévoit d’ailleurs d’organiser des masters classes et de multiplier des vernissages afin d’encourager ses « petites sœurs » à s’investir davantage dans l’art plastique. 
 

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