Soupçon de trafic d’organes à l’Hôpital central de Yaoundé : une autopsie attendue

Information rendue publique hier par le directeur de cette formation sanitaire suite aux accusations de la famille d’Hilaire Ayissi décédé après une série d’interventions chirurgicales.

Ce n’est plus qu’une question de jours et la vérité éclatera au sujet de ces soupçons de trafic d’organes à l’Hôpital central de Yaoundé (HCY). Visiblement préoccupé par cette mauvaise publicité, le Pr. Pierre Joseph Fouda, directeur de cette formation sanitaire a fait savoir que la dépouille d’Hilaire Ayissi, 22 ans, décédé le 19 septembre dernier après avoir été poignardé dans le bas du dos, et pris en charge dans cet hôpital a été mise sous scellés. « Je ne peux pas affirmer que ce qui a été dit est vrai ou faux. Les autorités et moi avons saisi le procureur de la République et une autopsie sera faite. Je souhaite que ce soit le médecin légiste de la famille qui la fasse. Nous ne voulons pas être juge et partie », a-t-il expliqué.
Comme le relate Cyprien Mballa, oncle du défunt, c’est le vendredi 24 septembre dernier, jour de levée de corps, que l’affaire a tourné au vinaigre. « Quand je suis arrivé à la morgue, j’ai trouvé que mon neveu avait été habillé en l’absence des membres de la famille. J’ai demandé à identifier le corps. Ce qui a créé beaucoup de soucis entre le morguier et moi. Quand j’ai pu déshabiller l’enfant, il était bandé de partout alors qu’il avait été opéré au dos. Il y avait une ouverture sur la côte, le bas du ventre et à l’intérieur de la cuisse. Ce qui m’a choqué », affirme ce dernier. Imbroglio qui les a amenés à apporter la dépouille au bureau du directeur de l’hôpital, qui affirme avoir été « agressé physiquement». Et au sujet de ce supposé trafic d’organes, le chef de famille de la victime est formel : « Je ne peux affirmer qu’il y a eu trafic d’organes. Je soupçonne qu’il s’est passé quelque chose. C’est pour cela que nous recherchons la vérité », ajoute-t-il.
Sur ce point justement, le Dr Daniel Biwole, le chirurgien s’étant occupé du défunt est clair. Hilaire Ayissi a été admis à l’HCY le 10 septembre et pris en charge en urgence. Alors que le corps médical prescrit la surveillance et l’observation du patient au cas où un organe vital aurait été touché, ce dernier quitte l’hôpital contre avis médical. Quatre jours plus tard il revient à l’HCY dans un état grave. « Il a été réanimé et transfusé. Pendant l’opération le 15 septembre, nous avons constaté une perforation du colon et des selles dans la cavité abdominale. C’est une infection très grave que nous avons gérée. L’intervention s’est très bien déroulée. Mais le lendemain, le patient a commencé à présenter des signes d’une infection de la peau et des tissus cutanés sur son abdomen et au niveau du dos. Infection probablement causée par la dissémination des selles dans la paroi abdominale. Cette infection grave ayant une progression rapide, nous avons fait une deuxième intervention chirurgicale », détaille le chirurgien. Il ajoute que c’était pour faire l’ablation de tous les tissus infectés. « Malgré tout ceci, le patient est resté dans un état infectieux. La fièvre n’a pas baissé et il présentait toujours des signes d’anémie malgré les multiples transfusions sanguines. C’est deux jours après la seconde opération, qu’il est décédé suite probablement à une septicémie. Aucun prélèvement d’organes n’a été fait sur ce patient », souligne le Dr Daniel Biwole. Point de vue corroboré par le major de la morgue. Nicole Tally affirme avoir les photos de la dépouille. « Le corps qui est actuellement dans notre morgue a tous ses organes », soutient-elle. L’autopsie prévue dans quelques jours viendra sans aucun doute mettre un terme à cette polémique.
 

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