L’industrialisation, clé de l’émergence

Retour sur le message du chef de l’Etat à la Nation.

L’évocation de l’industrialisation dans le discours présidentiel n’est pas nouveau. Le 31 décembre 2015, pour ne citer que ce cas-là, Paul Biya déclarait  qu’« en 2016, le pari majeur pour notre pays reste la création des conditions d’une véritable industrialisation. L’émergence ne se conçoit pas sans une industrie viable », tranchait-il. Récemment encore, dans son message à la Nation le 31 décembre 2016, le chef de l’Etat a derechef mentionné la problématique de l’industrialisation comme  une option stratégique et vitale. Indiquant que « le développement de notre capacité énergétique et l’extension de notre réseau routier ont pour finalité principale la création des conditions optimales pour l’industrialisation de notre pays ». Celle-ci, a précisé Paul Biya, « est notre grand défi des prochaines décennies ».
Il n’y a donc pas d’équivoque sur la volonté clairement affirmée de la plus haute autorité de l’Etat de faire entrer le Cameroun dans l’âge industriel. L’enjeu est de bâtir une économie où l’industrie tient une place prépondérante, en tant qu’ensemble des activités ayant pour objet l’exploitation des richesses naturelles et leur transformation pour mettre sur le marché des produits finis ayant une forte valeur ajoutée dans un environnement concurrentiel. L’histoire de nos devanciers dans ce domaine enseigne que la réussite de la politique industrielle est au cœur des succès économiques de l’après-guerre au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, etc. A l’analyse, les industries ont le don de transformer l’économie, mais aussi la société et les rapports sociaux. Elles font passer de l’ère agricole et rurale où la productivité est faible a? une ère moderne, caractérisée par le progrès général du niveau de vie des individus.
Le Cameroun ayant l’ambition de devenir à l’horizon 2035 un pays émergent, il faut souligner avec force qu’il n’est pas possible d’atteindre ce statut enviable sans passer par une industrialisation réussie adossée sur la transformation de ses ressources naturelles variées.
Car en dépit de son caractère diversifié, l’économie camerounaise, comme la plupart des économies africaines, souffre également de sa dépendance à l’égard des produits de base. L’une des principales raisons pour laquelle la croissance réelle a été en baisse au Cameroun en 2016 (5% contre des prévisions de 6%), c’est que la production pétrolière a été moins importante que prévue, d’après le Comité monétaire et financier national. Une donnée importante, puisqu’en termes de structure, le pétrole demeure le premier produit exporté avec 40,1% des recettes totales d’exportations en 2015. Dans ce contexte, exporter moins, qui plus est, quand les cours baissent, c’est gagner moins d‘argent. Même si la croissance de l’économie camerounaise est tirée en particulier par le secteur non pétrolier, les indicateurs sociaux affichent encore des résultats interpellateurs. Il est donc question de mettre en place des stratégies d’industrialisation et de transformation structurelle cohérentes et inclusives, susceptibles de créer plus de richesses et d’emplois pour les jeunes toujours plus nombreux. Cela est possible, en augmentant la valeur ajoutée dans les activités de production plus larges et plus diversifiées, notamment dans l’industrie, la fabrication et les services modernes, et en favorisant le renforcement d’un secteur manufacturier étroitement lié aux autres secteurs de l’économie.

 

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