Extrême-Nord : la menace du paludisme

Selon les estimations du coordonnateur régional du Groupe technique de lutte contre cette maladie, le chiffre de 1582 décès enregistrés en 2020 peut risque d’être dépassé cette année.

Les statistiques disponibles à la délégation régionale de la Santé publique de l’Extrême-Nord font état de 584 décès des suites de paludisme au premier semestre 2021. Des données enregistrées en saison sèche. La maladie étant plus virulente en saison des pluies, l’on craint une recrudescence des décès. Et pour cause, l’anophèle femelle, vecteur du paludisme se reproduit rapidement dans les eaux stagnantes. Dans la plupart des structures sanitaires de l’Extrême-Nord, les lits d’hospitalisation sont occupés par les patients souffrant de cette maladie. C’est à l’air libre que certains malades sont soignés.
Pourtant, pour faire face au paludisme, le gouvernement camerounais, avec l’appui des partenaires au développement entreprend régulièrement des actions visant à réduire les décès à leur plus simple expression. Tel est le cas de la mise à disposition gratuite des Moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA) et de l’organisation des campagnes de vaccination contre le paludisme saisonnier.
On se rend malheureusement compte que ces efforts louables des pouvoirs publics ne sont pas encouragés par certains parents. Jusqu’aujourd’hui, on en trouve encore qui n’acceptent pas de dormir sous une moustiquaire, préférant l’utiliser à d’autres fins. De même, pour ce qui est de la chimioprévention, on note un manque de suivi. Les enfants visés par cette forme de vaccination ne reçoivent généralement pas toutes les trois doses comme prévu. Au cours du troisième cycle de la campagne de chimioprévention qui vient de s’achever, 1 165 771 enfants de 3 à 59 mois ont été traités dans les 31 districts de santé de l’Extrême-Nord, sur une prévision de 1 184 704. Les autres cycles se sont déroulés aux mois de juillet et août. C’est dire que la bataille contre le paludisme à l’Extrême-Nord nécessite le concours de tous et de chacun. Comme l’explique Dr Jean-Pierre Kidwang, coordonnateur du Groupe technique régional de lutte contre le paludisme, « le climat, le relief et l’environnement sont des éléments qui plaident en faveur de l’endémicité du paludisme dans cette région ».
 

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