Indiscipline en milieu scolaire : que peut la communauté éducative ?

Retards, absences, insolence, violence et consommation des drogues ne peuvent être réduites à leur plus simple expression qu’avec l’implication de tous.

« Ne me touche plus ». Dans une vidéo abondamment partagée ces derniers jours dans les réseaux sociaux, un élève d’un établissement de la place menace un enseignant. Témoins de la scène, ses camarades rigolent. Et lorsque l’enseignant humilié affirme qu’il va appeler la police, le bout d’homme lui dit en le regardant droit dans les yeux que « tu t’arrêtes seulement à la police ? Il faut aussi appeler la brigade. Ne me touche plus », martèle ce dernier. Ce qui sonne comme un dernier avertissement n’est pas le premier cas d’indiscipline noté dans un établissement du pays. Au Lycée de Nkolbisson à Yaoundé, on se souvient qu’un élève de 4e avait ôté la vie à son enseignant de mathématiques avec une arme blanche. Au Lycée bilingue d’Obala, juste après un jeu de cartes qui a tourné au vinaigre, un élève a coupé les doigts de son camarade. Aux encablures du Lycée technique de Njombe-Penja, un élève a tranché la main d’un autre à la machette lors d’une bagarre. En dehors de ces cas, elle est encore fraîche, cette série de cas d’indiscipline qui ont négativement marqué certains établissements du Cameroun. Altercations entre élèves, et avec les enseignants, assassinats, consommation de drogues, pratiques occultes et tournage de vidéos osées. Les élèves des lycées et collèges du triangle national ne font plus qu’apprendre leurs leçons. Ils semblent s’être aussi spécialisés dans la violence, l’arrogance et le non-respect de la vie humaine. 
En ce début d’année scolaire avant que de tels scénarii ne soient encore enregistrés dans certaines écoles, l’heure semble à l’implication de tous : les encadreurs, les parents et les élèves. Le ministre des Enseignements secondaires, le Pr. Pauline Nalova Lyonga, avait convoqué une réunion avec certains responsables des services centraux de son département ministériel, ainsi que les délégués régionaux du Minesec, le 3 mars dernier. Le renforcement des mesures disciplinaires au sein des établissements avait été évoqué. Mais au regard des vidéos qui commencent à circuler et des cas parfois étouffés dans les établissements, l’urgence de la situation semble signalée. Comme l’affirme sous anonymat un responsable du ministère des Enseignements secondaires, les parents et enseignants doivent travailler main dans la main, afin que la tendance actuelle soit inversée. Les géniteurs sont appelés à inculquer la culture du respect à leurs enfants à partir de la petite enfance. Ils doivent les encadrer en leur prodiguant des conseils, et en procédant à la surveillance de leurs cartables et de leurs fréquentations. Ce qui aiderait le corps enseignant dans l’exercice de ses fonctions. Tout en renforçant les mesures disciplinaires, notre source appelle les enseignants au changement de comportement en mettant un terme aux notes fantaisistes, punitions sans motif, souvent humiliantes, à la brutalité verbale et physique, au harcèlement sexuel et aux intimidations diverses. Arguments évoqués par les élèves pour justifier leurs comportements. C’est la preuve par deux que la communauté éducative toute entière est appelée à s’impliquer.
 

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