Le Fespaco de Narcisse Wandji

Le réalisateur, seul représentant camerounais en lice pour l’Etalon d’Or de Yennenga, vit une aventure passionnante à Ouagadougou.

Propulsé parmi les grands dès son premier long métrage, Narcisse Wandji a les étoiles pleins les yeux à Ouagadougou. Le jeune réalisateur camerounais est au Fespaco pour « apprendre », tient-il à préciser. « Je prends cette sélection comme un parcours d’initiation. C’est mon tout premier long métrage et boom, je suis en lice pour un Etalon d’or. Je n’ai aucunement la prétention que j’aurais cette récompense suprême, mais je veux vraiment rester humble et tirer des leçons du travail de mes aînés avec qui je suis en compétition », souligne le réalisateur du film « Bendskins ». En parlant d’aînés, c’est aux côtés de Jean Roke Patoudem, le promoteur de Patou Films derrière le concept « La Nuit de la série africaine », que nous retrouvons le cinéaste dimanche dernier au Marché international du cinéma africain (MICA) situé dans l’enceinte du village du festival. 
Observateur, il écoute les entretiens entre Patoudem et les visiteurs de son stand, question de tirer quelques astuces dans la négociation d’une bonne affaire en production. « Patou est très introduit dans le milieu du cinéma. C’est un habitué, alors il me tient par la main », souligne Wandji. Il n’hésite pas également à aller à la rencontre de cinéastes originaires d’autres pays d’Afrique. Il prend le pouls du Fespaco à sa manière. Jusqu’ici, tout se passe bien. Puisqu’il souhaite s’édifier un peu plus, Narcisse a décidé de voir des films, beaucoup de films… Alors il va d’une salle de cinéma à une autre, conscient de ce qu’il appelle « un signal envoyé par le Fespaco ». Pour lui, cette sélection parmi la crème du festival panafricain est une marque d’encouragement, un symbole. « Le fait d’être à ce niveau met une pression énorme, car cela veut dire que je fais en quelque sorte partie de la génération des cinéastes de demain. Je dois travailler encore plus », reconnaît-il. 
Narcisse Wandji n’est pas à sa première expérience au Fespaco. En 2013, il était dans les rangs de la délégation de l’Etat du Cameroun qui avait fait le déplacement pour Ouagadougou. « Si je n’avais pas été ici en 2013 grâce à l’Etat, je n’aurais jamais été motivé à travailler. Je m’étais promis de revenir ici avec un film, et ça s’est réalisé », se réjouit-il. Le jeune réalisateur, qui s’est illustré ces dernières années par des courts-métrages à succès comme « Walls » sorti en 2017, maintient que l’Etalon d’Or est loin d’être acquis, mais garde tout de même au fond de sa pensée, l’espoir d’une bonne nouvelle au soir du 23 octobre prochain à Ouagadougou.
 

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