Bec-de-lièvre : ça se répare

Des chirurgies gratuites pour des enfants de 0 à 14 ans se déroulent depuis le 20 octobre à l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé.

Bloc opératoire, salle 2 de l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (Hgopy) ce mercredi 20 octobre 2020. Le Pr. Faustin Mouafo Tambo, chirurgien pédiatre est en pleine action avec son équipe. Sur sa table d’opération, est allongé bébé Ibrahim. Le nourrisson de quatre mois, sous anesthésie générale, se fait réparer sa fente labiale (anomalie de la lèvre), côté droit. Tout à côté de cette table, bébé Daniel, trois mois. Il se fait également opérer par le Dr Lionel Atanga. Le nouveau-né présente le même problème de santé, mais sur le côté gauche de la lèvre. Deux fortes équipes, constituées de chirurgiens pédiatres et maxillo-facial, d’anesthésistes, d’otorhinolaryngologistes et d’infirmiers sont mobilisées pour ces opérations. Le prétexte étant la campagne d’opérations gratuites, portée par l’hôpital avec l’appui du ministère de la Santé publique. 
Une heure va suffire pour cette première intervention de la journée sur les six attendues. À l’entrée du bloc opératoire, les parents des enfants sont visiblement stressés. Chantale Ngono Yvette, la grand-mère de bébé Nga Bena est encore inquiète. Elle attend de voir sa petite fille avant de croire qu’elle est en voie de guérison. Avant cette opération, elles ont été briefées par les médecins qui leur ont expliqué que les enfants auraient droit à trois interventions : la réparation de la lèvre, du palais osseux et du voile.  Dame Ngono avoue qu’elle n’osait plus se montrer avec l’enfant à l’extérieur. « Elle attirait trop de curiosité. Certains s’effrayaient en la voyant et j’étais mal à l’aise. Depuis que ma fille a accouché, elle n’a pas cessé de pleurer. J’espère que tout va bien se passer », lance-t-elle. 
Adama Abdouwayi, la mère de bébé Ibrahim est en larmes. Un médecin qui était en salle d’opération vient de lui annoncer que l’opération de son enfant s’est bien passée. Elle est heureuse que la maladie de son enfant ait été prise en charge à temps. Ce dont elle n’a pas pu bénéficier à son jeune âge, car elle aussi a un bec-de-lièvre. « Je rends grâce à Dieu. Je ne peux que remercier le personnel soignant qui s’est occupé de mon enfant », confie-t-elle. 
L’anomalie de dame Adama et celle de son fils serait héréditaire. Comme l’explique le Pr. Mouafo, le bec-de-lièvre fait partie des affections congénitales. Elles préexistent à la naissance de l’enfant. Selon lui, il n’existe pas de causes préétablies, mais le rôle de l’hérédité, de l’exposition à certains pesticides environnementaux et de la consanguinité est connu. La campagne qui s’étend jusqu’au 27 octobre concerne également les adultes. Le Pr. Mouafo rassure également les populations sur la gratuité des soins, en leur demandant de venir avec les personnes atteintes de cette affection même après la campagne. 
 

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