Affaire Habré: l’accusé aux abonnés absents

Depuis l’ouverture de son procès en appel lundi dernier devant les Chambres extraordinaires africaines (CEA), Hissène Habré ne s’est pas encore présenté devant la barre. Comme lors de son jugement en première instance, l’ancien président tchadien a décidé de faire de la politique de la chaise vide, son arme de défense. D’après le juge Wafi Ougadèye, les avocats de la défense ont sollicité une dispense de comparution pour leur client. Le président des CEA en appel dit également avoir notifié l’accusé de comparaître par voie d’huissier, ajoutant que celui-ci continue de récuser cette juridiction. «J’ai reçu sa réponse. Dans une correspondance en date du 4 janvier 2017, M. Habré, condamné à perpétuité, dit ne pas reconnaître la Cour et ne peut recevoir un quelconque document venant d’elle», affirme le magistrat. Il a tout de même exclu l’usage de la force pour le contraindre à venir devant la barre. Comme ce fut le cas en première instance.
Condamné à perpétuité en première instance en mai dernier pour «crimes de guerre, crimes contre l'humanité, tortures et viols» du temps où il était encore aux affaires entre 1982 et 1990, l’accusé reste intransigeant sur son refus de se rendre devant la barre. Face à ce refus catégorique, les Chambres extraordinaires africaines en appel ont fait savoir que le procès n’allait pas s’arrêter malgré ses absences. «La démocratie, c'est bon, mais parfois, il faut faire la dictature aussi. J'utilise mon imperium, et prends la décision, nonobstant son absence, de poursuivre le procès en appel. Donc nous nous passons de sa présence», a déclaré Wafi Ougadèye. Ce procès en appel se tient à la requête de la défense qui  estime que le juge sénégalais Amady Diouf n’avait pas qualité pour juger Hissène Habré parce qu’il n’avait pas les dix ans d’ancienneté requis.  La défense  demande pour cela que le verdict soit annulé.

 

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie