Tous les espoirs sont permis !


Faut-il désespérer du monde en 2022 ? Pandémie humanivore, guerres commerciales et rivalités spatiales, conflits latents susceptibles de dégénérer… Il faut en tout cas se recentrer sur l’essentiel, rester unis, patriotes et combatifs. C’est ce qu’indique en substance le président de la République à ses compatriotes dans son traditionnel message de fin d’année.
Dans ce monde déboussolé, divisé plus que jamais entre riches et pauvres, Paul Biya invite les Camerounais à tisser leur toile et à avancer, confiants, sur la voie de l’émergence économique et de l’accomplissement démocratique. Oui, le Cameroun a une carte à jouer. Et de nombreux atouts…
Face à un auditoire anxieux de l’entendre au terme d’une année mouvementée, Paul Biya n’a pas déçu. Drapé comme à l’accoutumée dans une espèce de sereine solennité, il a été tour à tour : 
- Le président qui rassure. Il semble nous parler en ces mots : « Tous les espoirs sont permis. Le pays avance. Je tiens le cap, et je vous mène à bon port, le port de l’émergence. L’agitation que vous avez connue relève des remous de surface et de l’écume des jours. La lame de fond, celle qui entraîne avec puissance toutes les vagues réunies vers le large, est déjà en mouvement ».
- Le président qui connaît et suit tous les dossiers, les plus sensibles comme les plus routiniers, bien que certains Camerounais l’en disent éloigné, à la manière d’un « sur-pilote ». Et pourtant, ils ont pu en faire le constat à l’écoute de son discours. Rien ne lui échappe, pas même les cris d’orfraie du syndicat des patrons outrés par les surcoûts dans le processus d’importation de marchandises, à la suite desquels il a ordonné la révision exceptionnelle à la baisse de 80% des frais de douane. Pourtant dans le même discours, il réaffirme l’impérieuse nécessité de réduire les importations, si nous voulons relever le défi de la croissance.
Dit avec une telle subtilité, il revient au GICAM de s’interroger sur la pertinence de ces importations massives et sur la cohérence de son combat pour les importations avec la vision d’ensemble.
-Le président qui lance des avertissements sévères aux déviants de toute nature : ici, beaucoup de catégories en ont eu pour leurs frais. D’abord les chefs de guerre sécessionnistes et leurs affidés, qui ne saisissent pas tous la main tendue du père de famille que le président demeure, et qui continuent à semer la désolation et la mort parmi les populations civiles et les forces de l’ordre. Dans son message du 31 décembre, le chef de l’Etat n’a pas de mots assez durs pour envoyer un message de fermeté à ces renégats, qui ne laisse aucun doute sur sa détermination inébranlable et son engagement personnel en tant que chef des forces armées et de l’Etat, à débarrasser le pays de cette gangrène de la violence.
Ensuite les détourneurs de fonds publics qui volent au peuple sa sève nourricière et un peu de son avenir. Le chef de l’Etat prévient qu’ils devront en répondre.
Enfin les délinquants des réseaux sociaux, qui sèment la confusion, voire la panique à coups de fake news et de vidéos pornographiques ne sont pas épargnés.
En somme, si tous les espoirs sont permis, si le Cameroun peut, et doit tirer son épingle du jeu de ce monde nouveau, c’est que le rôle et la place des acteurs se déplacent et que la « grande nation » qu’est notre pays a des atouts indéniables à faire valoir : sa nouvelle boussole de développement, la SND 30, pratiquement taillée sur mesure ; son riche sous-sol pour ainsi dire vierge ; ses réformes macro-économiques prometteuses, mais surtout une ressource humaine de qualité, fruit de l’héritage colonial mais dont les responsables tentent l’adaptation progressive des curricula de formation au contexte national et aux besoins prioritaires du marché.
Voilà autant de leviers qui justifient l’offensive économique gouvernementale et le bilan élogieux qu’en dresse le président.
A ces atouts naturels du Cameroun, s’ajoute la considération dont il jouit auprès des partenaires au développement, des institutions financières et des pays amis, du moins ceux qui apprécient objectivement nos efforts de lutte, et qui recherchent un partenariat gagnant-gagnant. 
Dans ce message présidentiel dense et tonique, voilà un premier axe-clé : malgré la crise sanitaire, le Cameroun avance. La coupe d’Afrique des Nations (CAN) et ses nombreux chantiers n’y ont pas peu contribué. Le chef de l’Etat s’attarde à dessein sur le secteur de l’économie, en pleine stratégie de relance post-Covid, et il fait le constat sans appel de sa résilience. En effet, après le big bang de 2020, et le ralentissement notoire consécutif au premier choc Covid, auquel se sont agrégées les crises sécuritaire et politique, l’économie camerounaise a connu un rebond significatif en 2021, et 2022 s’annonce encore meilleure, selon les indications les plus fiables.
On peut également mettre au crédit du pouvoir de Yaoundé, la confiance réaffirmée des investisseurs qui a permis d’achever ou de démarrer les grands projets d’infrastructures, en dépit d’une situation socio-politique délétère savamment entretenue par des groupuscules politiques appuyés par des activistes des droits de l’Homme. Ceux-ci ne sont eux-mêmes en réalité que les relais d’organisations non gouvernementales connues pour leur capacité de nuisance dans les pays en développement, où pour des raisons inavouées, elles sont « dressées » pour fomenter des émeutes et des révolutions dans l’objectif grotesque de renverser les dirigeants élus démocratiquement, et de fournir ensuite aux pays concernés, des « démocraties clés en mains » !
Autre moment fort de la prise de parole du chef de l’Etat : la réaffirmation de sa détermination inébranlable dans la lutte contre le terrorisme. Longtemps, la démarche du président de la République face aux enfants égarés de la République a été celle d’un pédagogue patient et d’un père bienveillant prêt à ouvrir ses bras à l’enfant prodigue qui mendie le pardon. Puis ce fut le Grand dialogue national suivi de nombreuses concessions dans tous les domaines, sans que le degré d’irrédentisme des sécessionnistes baisse. Que...

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category

La CAN des peuples
We Can