L’axe Yaoundé-Moscou consolidé

Le chef de l’Etat et l’ambassadeur de Russie ont discuté jeudi 12 janvier de l’élargissement de la relation Cameroun-Russie.

Hôte du palais de l’Unité jeudi 12 janvier en fin de matinée, l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Cameroun, S.E. Nikolay Ratsiborinskiy a eu avec le chef de l’Etat un entretien de près d’une heure d’horloge. Accueilli au perron du palais à 11h40, puis introduit auprès du président de la République par le chef du protocole d’Etat, Simon Pierre Bikele, le diplomate russe est ressorti peu avant 13 h. S’adressant à la presse au terme de la longue audience, Nikolay Ratsiborinskiy a lui-même qualifiée de très importante la rencontre qu’il venait  d’avoir avec le président Paul Biya. Un long entretien donc, au regard de l’importance et de la variété des sujets évoqués : structuration et élargissement de la coopération Cameroun-Russie ; disponibilité de la Russie à appuyer les grands projets de développement de notre pays ; mais aussi la lutte contre le terrorisme.
L’échange entre le chef de l’Etat et le diplomate russe a d’abord permis aux deux personnalités d’effectuer un tour d’horizon de relations de coopération entre le Cameroun et la Russie. Ils ont convenu de la nécessité d’élargir, mais aussi et surtout de structurer cette coopération dans les différents domaines. Il s’agira de créer des groupes de travail, ou des commissions intergouvernementales Russie-Cameroun, dans les domaines de la sécurité, de l’économie, des finances et autres. Le diplomate russe a mentionné à titre d’exemple le groupe de travail récemment installé et qui se déploie dans le domaine de la coopération dans le secteur hydraulique. Avec pour objectif : de couvrir la production d’électricité à travers la construction de centrales hydrauliques ; de construire des ports, moderniser et/ou élargir les ports existants ; de créer des sociétés de cabotage… Ce groupe de travail est le premier d’une chaîne de groupes à mettre sur pied, en prélude à l’installation de la grande commission intergouvernementale Russie-Cameroun dont ces groupes de travail deviendront des sous-commissions.
Nikolay Ratsiborinskiy a ensuite déclaré avoir transmis au chef de l’Etat le message du gouvernement de son pays, à savoir que la Russie est ouverte et disponible à entrer dans les grands projets de développement de notre pays. Moscou entend soutenir ces projets par des investissements et par des crédits sous les conditions les plus favorables pour le Cameroun.
La lutte contre le terrorisme a également figuré en bonne place dans l’entretien entre le chef de l’Etat et le diplomate russe. Les deux personnalités ont d’une part évoqué le développement de la situation au Proche-Orient. Une situation complexe qui, aux dires de Nikolay Ratsiborinskiy, « ne renvoie pas seulement à la nécessité d’annihiler le terrorisme et nettoyer le territoire d’un Etat souverain – la Syrie – de ces forces terroristes, mais de faire ce travail de telle manière que les dizaines de milliers de terroristes  ne se dispersent pas à travers l’Europe, l’Afrique du nord et l’Afrique [subsaharienne – ndlr], mais soient neutralisés et annihilés là où ils sont ». Pour Moscou, il ne s’agit pas seulement d’un problème de dialogue entre le gouvernement de Baachar al Assad et la soi-disant « opposition non armée, non violente ». La tâche actuelle, a  souligné le diplomate russe, est la véritable neutralisation de toutes ces forces terroristes pour le moment concentrées en Syrie et en Irak.
Evoquant d’autre part la situation en ce qui concerne le Cameroun, Nikolay Ratsiborinskiy a déclaré que la Russie apprécie les efforts du Cameroun et de ses forces armées dans la lutte contre le terrorisme, et les succès obtenus face à Boko Haram, un des fragments du soi-disant « Khalifat mondial », cette internationale terroriste.
S’agissant enfin de la situation socio-politique qui prévaut actuellement dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’ambassadeur de Russie a exprimé au chef de l’Etat la préoccupation de son pays, tout en souhaitant que soit privilégié le dialogue et non l’intransigeance dans la recherche de la solution à des revendications légitimes.

 

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