Arrachée en plein rayonnement de sa carrière professionnelle par un incident quasi-sismique : Dr Fanne Mahamat n’est plus !

Retour sur le parcours d’une Femme Médecin Vaillante et Engagée.

Ce dimanche matin 23 Janvier 2022 vers 9h, les premiers messages fusent …Est-ce vrai ? … Sans doute, un canular…des points d'interrogations questionnent un événement de la nuit qui aurait emporté l'une des nôtres. Quelques minutes plus tard, la nouvelle tombe comme un couperet …c'est confirmé Docteur Fanne n'est plus …La consternation est totale au sein des femmes médecins…les mots nous manquent …le désarroi est complet et l’effondrement réel …nous sommes effarées !
Oui, si pour plusieurs, Dr Fanne était le Directeur de la Promotion de la Santé, pour nous à Acafem, elle était bien plus que cela. En effet, au moment où l'intéressée quitte la scène de manière aussi inattendue que brutale et tragique, elle occupe le poste de Présidente de la Branche du Centre et de Trésorière adjointe du bureau national.
Très tôt, alors encore aux études de spécialisation en santé publique, elle s’engagea sans réserve pour mutualiser avec ses consœurs l’expertise médicale en direction des communautés. Je me rappelle encore de sa campagne comme candidate à la Présidence de la branche, sollicitant nos voix et soutien, elle sera élue sans réserve. Assumant, ses fonctions avec engagement et passion, elle milita très tôt pour la création d’une mutuelle des femmes médecins et même pour une flotte téléphonique en partenariat avec les agences de communication. Elle réussit également à mobiliser des financements auprès de l’Union africaine pour la mise en œuvre de projets au sein de l’association. Très intéressée par la vie professionnelle et personnelle des femmes, elle n'hésitait pas à dire à l'époque, « Oui nous les femmes médecins nous sommes toujours en train de nous occuper des autres ; de temps en temps, pensons également à nous-mêmes ».
En tant que Présidente de la branche du Centre, elle aura conduit plusieurs activités de lutte contre le VIH/sida notamment de sensibilisation des femmes dans la ville de Yaoundé, dans le district de Soa et au sein de la prison de Mfou. Plus tard, elle devra se déporter vers le septentrion dans le cadre d’une coopération avec l’OMS sur un projet VIH puis comme Délégué Régional de la Santé Publique de l’Extrême-Nord ; elle y aura bravé tous les challenges sécuritaires, humanitaires (réfugiés, déplacés internes, etc), sanitaires (épidémies choléra).
A son retour sur Yaoundé, son enthousiasme pour Acafem, n’a pas changé ; avec le dispositif organisationnel, elle se repositionne dans ses fonctions même si ses diverses occupations l’empêchent d’être présente physiquement à toutes les activités.
Utilisant sa position administrative, elle implique régulièrement Acafem dans les réunions de gestion de la pandémie Covid au Centre d’Opérations d’Urgences de Sante Publique (Cousp), mais aussi lors des activités de célébration de la semaine d’allaitement maternel. Tirant avantage de sa position institutionnelle de Directeur de promotion de la sante, elle utilise le réseau Acafem comme courroie de transmission et de diffusion des politiques sur la nutrition comme ce fut le cas lors de la journée scientifique du 5 mars 2020. Toujours sur le qui-vive des exigences venant de sa hiérarchie, elle exposera ce 5 mars, juste avant de se rendre à l’aéroport, rattraper le vol vers Douala pour les exigences de la mise en place de la riposte Covid lors de la première vague.
Entre vols d’avion et réunions, elle a toujours maintenu en ligne une communication rapprochée avec le bureau national en tant que trésorière nationale adjointe et chaque fois que nécessaire elle disait « envoyez quelqu’un au Cousp avant 10h car après, j’entre en concertation ».
Ce dossier de la couverture santé universelle qui lui tenait tant à cœur, elle ne l’a pas vu se réaliser même si elle ...

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