Interview: «Les partis qui se mettent ensemble deviennent des partenaires»

Alice Sadio, Présidente de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP)

 

Madame la présidente, l'AFP vient de mener une activité d'hygiène et d’assainissement dans certains quartiers de la ville de Douala. Dans quel cadre de la vie de votre parti situez vous cette activité qui est plus sociale que politique?

Vous savez, il n’existe pas, à proprement parler, une ligne de démarcation étanche entre le social et le politique, la société étant une communauté de personnes ayant la même histoire commune, partageant le même espace vital et nourrissant dans une certaine mesure les mêmes rêves, notamment le rêve d’un mieux-être ensemble. La sociale-démocrate que je suis pense qu’il est tout aussi indispensable d’être autant que faire se peut aux côtés des populations lorsque ça va mal, et ce même en dehors des périodes électorales. Pour le cas d’espèce, l’activité menée le 17 juillet dernier est baptisée par le parti « Opération Douala Propre ». Une telle opération a été rendue nécessaire par l’état des lieux caractérisé par les inondations répétées en périodes de pluies dans la ville du fait d’une part, du désordre urbain, mais d’autre part aussi de l’insalubrité grandissante.  

 Le Pacte Républicain vient d'avoir un nouvel adhérent, l'UFP. Quel sera l'apport de ce nouveau venu dans les objectifs que vous vous fixez?

Le Pacte Républicain est une plate-forme de regroupement des formations politiques. Il  s’appuie sur deux postulats. Tout d’abord, au regard du rapport de force entre le parti au pouvoir et nous, aucun parti politique de l’opposition ne peut en l’état présenter, encore moins remporter la majorité des communes, des sièges à l’Assemblée Nationale et au parlement. Par conséquent, il ya lieu de se regrouper par affinité si ce n’est idéologique du moins stratégique afin de négocier par les urnes ce que j’appelle le « renversement pacifique » de l’ordre politique établi.

Deuxièmement, les partis qui acceptent de se mettre ensemble deviennent des partenaires et non plus des adversaires politiques et sont tenus de se comporter comme tels en ne s’affrontant dans aucune élection fut-elle locale ou nationale. Concernant l’UFP, le foiisme qui est la pierre angulaire de la pensée politique du Dr Olivier Bilé prédisposait déjà son parti à intégrer tôt ou tard le mouvement. L’Union pour la Fraternité et la Prospérité (UFP) vient donc agrandir la famille du point de vue non seulement quantitatif, mais surtout qualitatif.

Les leaders politiques féminins comme Theresa May en Grande Bretagne ou Hillary Clinton aux Etats Unis ont le vent en poupe en occident. Quelle inspiration cette montée en puissance a pour le leadership politique féminin au Cameroun? 

Ces grandes figures féminines nous donnent des raisons d’y croire encore mieux qu’hier. Elles sont la preuve de ce que l’époque du complexe d’infériorité au féminin est révolue. Je n’entends pas me castrer aux fins de mimer le genre masculin, encore moins renier mes origines sociales modestes pour m’imposer dans l’arène politique. Une entrée massive des femmes de qualité et de probité en politique, non plus comme des accompagnatrices, mais bel et bien comme des leaders ne peut que contribuer à rétablir l’équilibre sociétal dont nos politiques ont besoin pour adresser avec justesse les problèmes des familles, des enfants, des jeunes, bref, des couches vulnérables qui sont la mauvaise conscience de l’ordre établit un peu trop machiste qui a régné jusqu’ici.

 

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