La fin de la récréation

Le Regard de la Rédaction.

Les récents développements de la situation socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest lèvent enfin le voile sur ce que certains observateurs croyaient déceler dès le début de la crise, à savoir que les organisateurs des grèves et autres villes mortes avaient un agenda caché. Aujourd’hui, les faits donnent totalement raison à ces analystes. En effet, corporatistes au départ, les revendications des avocats et enseignants du sous-système anglophone ont pris progressivement une coloration clairement politique. Désormais, l’on ne parle plus que d’un prétendu référendum devant déboucher sur le fédéralisme.
L’amélioration des conditions de travail des enseignants ainsi que la version anglaise du traité OHADA se révèlent n’être finalement qu’un paravent, des prétextes fallacieux dans l’optique d’une modification par la violence et la surenchère de la forme de l’Etat. C’est pourquoi, on prend en otage élèves et étudiants, dont on confisque l’avenir sans en avoir mandat. Si ce n’est celui de ces ennemis de la Nation. Une Nation patiemment bâtie des décennies durant au prix de sacrifices inestimables. On sait que l’indépendance du Cameroun a été conquise dans le sang et la douleur, grâce au courage héroïque de ses pères-fondateurs. Et que la Réunification fut le fruit de la volonté des Camerounais des deux rives du Moungo. Un précieux héritage que les tenants de l’intolérance et du chaos tentent de détruire sans état d’âme, pour assouvir des intérêts inavoués.
Force est de constater que le gouvernement a accédé littéralement à toutes les revendications corporatistes formulées au début du mouvement d’humeur observé depuis novembre dernier dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, et qu’il est même allé au-delà. Cependant les syndicalistes extrémistes ont multiplié les obstacles à un dialogue franc et sincère, tel que préconisé par de nombreuses forces vives de la Nation : Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC), Conférence des églises protestantes du Cameroun (CEPCA)… Avec une duplicité évidente, obéissant certainement à un chronogramme arrêté d’avance, les initiateurs des grèves ont fini par verser dans la provocation. En foulant au pied la morale publique, la loi, les institutions, la République. Il est temps que cette farce cesse.
D’où les mesures que vient de prendre le gouvernement à travers notamment l’interdiction par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, René Emmanuel Sadi, du Southern Cameroons National Council (SCNC) et du Cameroon Anglophone Civil Society Consortium (CACSC) dont les activités ne visent ni plus ni moins qu’à rendre le pays ingouvernable. En témoignent les atteintes  répétées à l’ordre public et à la paix civile depuis le 8 décembre dernier dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Soucieux de préserver l’unité nationale du pays dans sa diversité et sa pluralité socio-culturelle, le président de la République, Paul Biya, a dit quelques jours auparavant, le 31 décembre 2016, avec toute la force de son patriotisme, que le Cameroun est un et indivisible, et qu’il le demeurera.
Cette déclaration forte et solennelle à l’endroit de tous doit être prise pour ce qu’elle vaut, par ceux qui conspirent contre la patrie ainsi que leurs soutiens, où qu’ils se trouvent. Les uns et les autres devront répondre devant l’histoire de leur forfaiture. En tout état de cause, le gouvernement entend prendre ses responsabilités en vue de faire régner l’ordre sur toute l’étendue du territoire national. C’est, dirions-nous, la fin de la récréation.

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