Des activités contraires à la loi fondamentale

L’arrêté du MINATD du 17 janvier 2017  constatant la nullité de certains groupements et portant  interdiction de leurs activités est explicite sur les raisons de cette  décision compte tenu du contexte.

Dans un communiqué rendu public le 16 janvier dernier, à l’issue des travaux de la deuxième session ordinaire du comité interministériel ad hoc chargé d’examiner et de proposer des solutions aux préoccupations soulevées par les syndicats des enseignants anglophones, le président dudit comité, le Pr Ghogomu Paul Mingo, directeur de cabinet du Premier ministre, chef du gouvernement, relevait que « les vingt points soulevés par les syndicalistes du sous-système éducatif anglophone ont été examinés avec sérieux, rigueur et objectivité par l’ensemble des participants ». Mais, notait-il, en dépit de l’analyse méthodique et exhaustive de ces points inscrits à l’ordre du jour sur proposition des syndicats, le communiqué consacrant la levée du mot d’ordre de grève n’a pas été signé. Une situation  préjudiciable aux élèves et étudiants, aux parents, aux promoteurs d’établissements, dont certains syndicats intransigeants sont à l’origine. « Ceux-ci ont exigé l’examen préalable des sujets sans rapport avec les problèmes relatifs au sous-système éducatif anglophone ». Ils ont notamment  exprimé une revendication politique relative à la forme de l’Etat du Cameroun, à savoir leur option pour un fédéralisme à deux Etats.
Dans le même contexte, un groupement soi disant « Anglophone Consortium » (Cameroon Anglophone Civil Society Consortium ou CACSC) publiait un communiqué du 14 janvier 2017 appelant à un référendum sans délai afin que les Camerounais des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se prononcent pour le retour à  deux Etats fédérés. Il a appelé  les habitants de ces parties du pays à observer des journées « villes mortes » les 16 et 17 janvier. Il faut faire observer que l’un des signataires de ce communiqué est membre de l’un des syndicats des enseignants ayant participé au dialogue avec le gouvernement. Quant au SCNC (Southern Cameroons National Council), il est de notoriété publique qu’il milite pour la sécession. Toujours dans le cadre de ce contexte, il y a lieu de rappeler les violences qui ont entraîné le 8 décembre dernier à Bamenda des pertes de vies humaines et des dégâts matériels importants, violences provoquées par des extrémistes et sans lien aucun avec les  onze revendications corporatistes originelles des syndicats des enseignants anglophones.
Le président de la République, qui a instruit le gouvernement de mener le dialogue républicain avec les syndicats concernés- ce qui est fait- a clairement et solennellement dit NON à toute velléité de changement de la forme de l’Etat. Le respect de notre constitution et de nos institutions s’impose à tous. « LE CAMEROUN EST UN ET INDIVISIBLE ! Il le demeurera », a-t-il déclaré dans son message à la Nation  au soir du 31 décembre 2016.
C’est compte tenu de ce contexte que le gouvernement a pris ses responsabilités et que le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation  a signé l’arrêté constatant la nullité de certains groupements et portant interdiction de leurs activités.

 

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