Exil: Yahya Jammeh en Guinée équatoriale

L’ancien président gambien a choisi le pays de Teodoro Obiang Nguema comme terre d’accueil après sa chute.

 

L’image était frappante dans la nuit de samedi à dimanche. Yahya Jammeh, la main droite tenant chapelet et Saint Coran, fait un signe d’adieu à quelques partisans en larmes, rassemblés à l’aéroport de Banjul, au moment d’embarquer dans le jet privé du président Alpha Condé de Guinée. Au bas de la passerelle, son Premier ministre, Mamady Youla, entouré de quelques ministres. Mais avant de s’envoler, l’ancien président aura eu droit, pour une dernière fois, à l’exécution de l’hymne national par la fanfare de la garde présidentielle. Après une brève escale à Conakry, l’ancien homme fort de Banjul reprendra les airs à destination de Malabo à bord d’un avion affrété, selon des sources concordantes par les autorités équato-guinéennes. Partout à travers le pays, les Gambiens ont laissé éclater leur joie.  
Ce départ forcé est le résultat de nombreuses médiations et pressions internationales exercées sur Yahya Jammeh qui résistait au verdict des urnes qu’il avait pourtant salué avant de se rebiffer quelques jours après. La médiation de la dernière chance menée par les présidents guinéen, Alpha Condé et mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, aura finalement permis une issue pacifique et éviter un bain de sang au peuple gambien. Car, bien que lâché par son armée, de plus en plus isolé par son entourage et acculé par les troupes coalisées de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Yahya Jammeh est resté accroché à son pouvoir et n’entendait pas le lâcher.
A Dakar au Sénégal où il a prêté serment jeudi dernier à l’ambassade de Gambie, le nouveau président Adama Barrow piaffe d’impatience de regagner Banjul. Mais, au sein de la CEDEAO l’on indique que ce retour sera différé de quelques jours pour des raisons sécuritaires. «Il faut d’abord sécuriser Banjul et l’ensemble du pays. Adama Barrow ne va pas loger tout de suite au palais présidentiel», a laissé entendre Marcel Alain de Souza, président de la Commission de la CEDEAO. Selon lui, la sous-région entend déployer quelque 7 000 hommes pour saisir les armes et sécuriser les zones minées.

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie