Finances: accroître l’assiette et viabiliser la dette

C’est sur ce double objectif que s’est ouverte hier à Yaoundé, la conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et extérieurs du MINFI.

«Optimiser la mobilisation des ressources fiscales, préserver la viabilité et la soutenabilité de la dette publique en 2017 ». C’est sur ce thème que se déroule depuis hier au palais des Congrès de Yaoundé, la conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et extérieurs du ministère des Finances (MINFI). En ouvrant ces travaux de deux jours, Alamine Ousmane Mey a indiqué que deux centres d’intérêt cristallisent de manière spécifique l’attention au cours de cette rencontre devenue traditionnelle. Dans un premier temps, la réflexion sur le thème central de la conférence et ensuite, l’évaluation de l’action du ministère pour le compte de l’exercice écoulé. Une seconde partie généralement réservée à la phase de clôture, prévue ce mardi. Hier donc, il a essentiellement été question de réfléchir autour du thème annuel.
La réflexion s’est déroulée autour de deux tables rondes, modérées par le MINFI lui-même. Le premier panel a exposé au sujet de la « Dette publique au Cameroun : Viabilité et soutenabilité ». L’on retient que la dette publique camerounaise était modérée jusqu’en 2009, où elle représentait 13,4% du PIB. Elle s’est rapidement reconstituée, du fait de la réalisation des grands projets structurants relatifs à la mise en œuvre du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE). Aujourd’hui, elle représente 28,5% du PIB, soit 5 124 milliards de F CFA. « Bien que ce niveau d’endettement soit largement inférieur au seuil de convergence CEMAC, 70%, des signaux de risque de surendettement sont perceptibles selon les institutions de Bretton Woods. D’où la prudence dans le rythme d’endettement », a indiqué Kendem John Forghab, directeur général adjoint de la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Alors que le MINFI rappelle que le Cameroun s’endette au profit des infrastructures, les questions de solde engagée non-décaissée ont été posées et l’on a convenu qu’il fallait mûrir davantage les projets en amont, tout en faisant un effort de planification et de priorisation.
« Si nous avions assez de ressources, nous n’irions pas vers l’endettement », a relevé Alamine Ousmane Mey, en guise de transition sur le second panel, portant sur la « Stratégie d’optimisation de la mobilisation des ressources fiscales en 2017 ». Pour le MINFI, le Cameroun a fait le choix d’encourager l’investissement privé dans les secteurs productifs, pour doper la production, renforcer les exportations et consolider les soldes budgétaires et extérieurs. Sauf que les entreprises estiment que la pression fiscale est beaucoup trop forte et dans le même temps, le patronat regrette la faible prise en compte des contributions du secteur privé lors de la préparation de la loi de finances.
 

 

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