Burundi: Grâce présidentielle pour 2 500 détenus

La mesure de Pierre Nkurunziza vise à désengorger les prisons surpeuplées et à décrisper le climat politique.

2 500 personnes incarcérées dans les prisons du Burundi devraient recouvrer leur liberté d’ici la mi-février prochaine. Ainsi en a décidé le président Pierre Nkurunziza, dans un récent décret accordant une grâce. Cette mesure effective depuis lundi dernier a déjà vu sortir plus de 435 prisonniers de leur cachot. «Cette mesure a été dictée par l’esprit d’humanité du président de la République et il y a aussi beaucoup la réconciliation nationale», a commenté Aimée Laurentine Kanyana, ministre de la Justice. Autant cette grâce présidentielle touche des prisonniers de droits communs, notamment des mineurs et des femmes qui allaitent, autant elle concerne ces Burundais «condamnés pour leur participation au mouvement insurrectionnel qui a démarré en avril 2015», selon les officiels. «Exceptionnellement, le président a également bien voulu toucher ceux qui ont été condamnés pour des actes criminels commis lors des mouvements insurrectionnels organisés depuis 2014», a-t-elle ajouté.
Mais, Bujumbura se refuse de parler de prisonniers politiques, le Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD), une formation politique de l’opposition, salue cette mesure qui devrait permettre la libération de 58 de ses militants condamnés en mars 2014 pour participation à une marche interdite. Au sein de la société civile, cette décision est saluée malgré tout. «C’est une bonne chose. C’est ce qu’on avait demandé depuis longtemps. Mais pour moi, il fallait libérer en masse tous les prisonniers politiques. Le président avait promis au secrétaire général des Nations unies de libérer au moins 2 000 prisonniers alors que je crois que l’Union européenne aurait approché le pouvoir de Bujumbura pour lui demander de faire un geste, en vue d’alléger les sanctions», a déclaré Pierre Claver Mbonimpa.

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