Portrait : Tam’s comme un poisson dans le château d’eau

Ce natif de Badenkop dans la région de l’Ouest est arrivé à Ngaoundéré grâce à la vente des colas en 1971. Depuis lors, il y vit et parle le Fulfuldé à la perfection.

C’est avec dextérité et aisance que papa Tamo, plus connu sous le petit nom de Tam’s s’est entretenu en Fulfuldé, langue vernaculaire dans la région Château d’eau du Cameroun avec le reporter de CT à Ngaoundéré, vendredi dernier. Ce natif de Badenkop dans la région de l’Ouest s’exprime avec un ton local qui ne laisse transparaitre son origine. Même son accoutrement sème la confusion sur son origine, avec la gandoura, le saro et djellabah, tous des tenues du Nord Cameroun. Arrivé dans cette ville en 1971, âgé d’à peine 13 ans avec ses parents comme vendeur de colas, l’homme vit dans la capitale régionale de l’Adamaoua où il est considéré comme un fils. « On vendait des colas dans toutes les brousses dans la région de l’Adamaoua. Et nous étions très bien accueillis dormant dans des familles qui ne nous avaient jamais vu avec des cadeaux sans aucune contre-partie », avoue-t-il. Tailleur de profession, Marcel (prénom qu’il n’affectionne pas, car traditionnaliste) a acquis sa popularité à Ngaoundéré, grâce à la maîtrise de la coupe et à son intégration dans l’Adamaoua. « Quand nous étions jeunes, nous allions tous en boite de nuit avec des autres jeunes des différents quartiers sans crainte. Et aujourd’hui, nous continuons de partager cette amitié avec ceux qui sont encore en vie. Cette intégration facile m’a permis d’apprendre le Fulfuldé. Je sais également dire bonjour et quelques mots en haoussa, en mboum et en duru», poursuit papa Tam’s. Ici, l’homme se sens très à l’aise plus que dans son village à Bandenkop. La cohabitation avec les natifs de cette région grâce à son savoir-vivre et son savoir être lui a réussi. Du coup, il incarne le pari du vivre-ensemble et du multiculturalisme, prôné par le chef de l’Etat. « Nous sommes solidaires et vivons la parfaite fraternité au point où pendant les fêtes, nous partageons des repas sans problèmes. La preuve, j’aime bien manger du coucous du mil au « lalo », une sorte légume ou avec des feuilles de baobab », rassure notre interlocuteur.
Pour ce commerçant à la retraite, parler le Fulfuldé  était une nécessité pour faciliter la communication et la compréhension mutuelle avec ses frères de l’Adamaoua. « Pour avoir leur confiance, il me fallait à tout prix apprendre à parler cette langue...

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category