Choc pétrolier, insécurité: La réponse des banques centrales

Des dirigeants de ces institutions ont partagé leurs expériences  hier à Yaoundé, à l’initiative de la BEAC, sur les stratégies de sortie de crise.

Un mois s’est écoulé depuis la tenue à Yaoundé, le 23 décembre 2016, du Sommet extraordinaire des chefs d’Etat d’Afrique centrale sur la situation économique et monétaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Hier, la capitale camerounaise a de nouveau abrité une conférence de haut niveau sur cette crise que traverse les économies africaines en général et celles de la sous-région CEMAC en particulier. Cette initiative du gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Lucas Abaga Nchama, arrivé en fin de mandat, a réuni universitaires et représentants de plus de 20 banques centrales du monde autour du thème : « Les Banques centrales face aux chocs exogènes : stratégies de sortie de crise ».  Preuve que la réflexion se poursuit pour trouver des voies et moyens pour redresser les économies affectées par la chute des cours des matières premières à l’instar du pétrole.
Selon le gouverneur arrivé en fin de mandat, les mesures mises en œuvre par la BEAC pour accompagner les Etats et leur permettre de répondre temporairement à la chute des recettes pétrolières ont atteint leurs limites. « Ce n’est pas parce que je suis à la fin de mon mandat, qu’il ne faut pas continuer. Maintenant, il faut apporter des solutions innovantes et il était tout à fait indiqué que l’on invite les autres. Les pays qui souffrent des mêmes maux que nous », confiera Lucas Abaga Nchama. Invités aux échanges : les responsables des banques centrales du Maroc, d’Algérie, du Nigeria, des Comores, de l’Ouganda, de la Zambie, du Zimbabwe, de la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest), du Burundi, du Cambodge, de la RDC, de Mauritanie, de Sao Tome et Principe, du Swaziland. En effet, si le mal est identique, le traitement n’est pas le même. Les réactions des banques centrales sont entre autres fonction des marges de manœuvre  budgétaire des Etats, des avoirs de leurs réserves et du degré de résilience de leur économie.
«Il me semble que l’initiative de la banque centrale, la nôtre, vient compléter, renforcer et mettre en évidence ce qui a été fait », a confié le ministre des Finances du Cameroun, Alamine Ousmane Mey, a présidé l’ouverture des travaux de ladite conférence. Les participants à la conférence ont tour à tour échangé autour de trois principaux panels : analyse de l’impact de la crise sur les pays en développement ; rôle des politiques budgétaires dans la gestion de la crise ; réactions des banques centrales face aux chocs exogènes. En effet, les banques centrales, au vu de l’importance des chocs et de la montée des incertitudes, se doivent d’anticiper et de s’adapter aux défis. Pour le cas de la BEAC, on pourrait citer l’ajustement de son taux directeur qui a été progressivement abaissé de 50 points, passant ainsi de 2,95% à 2,45% en juillet 2015.

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