Tunisie : un nouveau départ

Le pays a adopté lors du référendum du 25 juillet dernier, à une large majorité, une nouvelle Constitution. Les législatives prévues en décembre 2022 devraient redistribuer les cartes pour un nouveau départ.

Le projet de nouvelle Constitution en Tunisie défendu par le président Kaïs Saïed a engrangé 94,6% de « oui » pour un taux de participation de 30,5% à l’issue du référendum organisé le 25 juillet dernier. Au regard de ces résultats publiés par l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), la nouvelle loi en gestation va remplacer le texte fondamental de 2014, dès la proclamation définitive des résultats attendue d’ici à la fin du mois d’août en cours. Mais, les résultats publiés sont déjà au centre de polémique au sein d’une partie de l’opinion tunisienne. L’ONG I Watch et l’opposition dénoncent un texte « taillé sur mesure » accordant de vastes prérogatives au président de la République. Les deux ont saisi les instances compétentes pour exiger un recomptage des bulletins sans la participation de l’ISIE. 
Malgré ces accusations, Kaïs Saïed est plutôt conforté par les classes moyennes et les adultes qui se sentaient floués économiquement, politiquement et socialement jusqu’ici par les régimes successifs accusés d’avoir pris le pays en otage. Le texte en gestation ambitionne de mettre sur pied une deuxième chambre du Parlement : le Conseil des régions et des districts. Fidèle au programme du président qui promeut la « démocratie par la base », cette institution envisage d’accorder davantage de place aux zones dites « périphériques » du pays et à leurs habitants traditionnellement exclus du jeu politique. Cette nouvelle Constitution présentée comme révolutionnaire par le chef de l’Etat, entend donner plus de valeur aux régions, reléguées au second plan, derrière les villes et les éli...

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