Adamaoua: le chèque santé a du crédit

Un an après son lancement, cette initiative qui vise à améliorer les indicateurs de la santé de reproduction dans le Grand Nord, enregistre des résultats intéressants.

Le jour s’est levé depuis quelques heures à Ngaoundéré.  Le centre de santé privé islamique qui jouxte le lamidat de la ville accueille déjà ses premiers patients. Pour cette journée, deux femmes enceintes ont été les premières à franchir le portail. Elles sont assises en face d’un bureau. Sur la porte, sont placardées les affiches qui vantent les vertus du projet « Chèque Santé ». 
L’occupant du bureau n’est pas encore là. Mais, « il ne va pas tarder à arriver », rassure l’agent d’entretien. Non loin de là, au centre de santé de Sabongari, en face du stade Ndoumbé Oumar, l’ambiance morose qui règne à l’extérieur contraste avec  l’atmosphère de la salle d’attente du « bloc maternité ». Une vingtaine de femmes enceintes attendent de se faire recevoir par l’infirmière pour des consultations. 
Elles sont munies de leur « chèque santé », un véritable sésame. Dans la ville de Ngaoundéré,  hormis le centre de santé du lamidat et celui de Sabongari, deux autres structures sanitaires, les centres de santé de Bamnyanga et de Nord Cifan, sont agréées pour offrir des prestations qu’offre le chèque santé. L’Adamaoua compte 20 districts de santé. Trois d’entre eux (Ngaoundéré urbain, Ngaoundéré rural, Meiganga), ont été retenus pour servir de site d’expérimentation pour cette idée. Au total, 20 formations sanitaires sont accréditées dans la région. 
 Le chèque santé est une initiative du gouvernement camerounais qui vise à réduire la mortalité maternelle, infantile et néonatale. C’est un mécanisme de prépaiement permettant à la femme enceinte d’être suivie tout au long de la grossesse, d’avoir un accouchement sécurisé et de bénéficier,elle et son bébé, d’un suivi postnatal de 42 jours. La femme débourse 6000 F seulement. En contrepartie, elle reçoit un papier appelé « chèque santé » subdivisé en plusieurs coupons qui correspondent aux soins couverts qui vont des consultations prénatales à l’échographie en passant par les complications, l’accouchement. 
Le chèque couvre une seule grossesse.  Le Cameroun avec les partenaires au développement, la France à travers le C2D et les fonds de la coopération allemande, subventionnent à hauteur de 90% l’ensemble des prestations liées à la grossesse et à l’accouchement. Le projet avait été lancé le 02 juin 2015 à Ngaoundéré par le Minsanté André Mama Fouda, en présence de l’ambassadrice de France au Cameroun, Christine Robichon et des officiels de la coopération allemande. La phase pilote va durer 36 mois. Le projet devrait s’arrêter en novembre 2017. Au 1er août 2016, 9.628 femmes ont déjà été enrôlées. L’objectif de départ ciblait 8.168 femmes.  

 

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