Rendez-vous de l'imagination à FESCARHY 2016

Caricaturistes et illustrateurs œuvrent pour la paix à l’occasion de cette 17e édition lancée jeudi à Yaoundé. 

Didier Kassaï, caricaturiste centrafricain, est au Cameroun comme à la maison. Cette 17e édition du Festival de la caricature et de l’humour de Yaoundé (FESCARHY) a pour thème : « Je dessine la paix ». Un sujet sur lequel la pointe de son crayon s’use tant de fois. Parler de paix. Pour cet exercice, il est assez rôdé. Lui chrétien, sa femme musulmane, Didier Kassaï vit personnellement les conflits inter-religieux qui ont secoué son pays. Il sait mieux que quiconque comment se servir d’illustrations pour inciter à la paix. « Le caricaturiste a la responsabilité de toucher la population sur des questions sensibles. Nous véhiculons pas mal de messages. L’Afrique centrale, traverse en ce moment beaucoup de crises. Nous devons utiliser notre crayon pour dénoncer les exactions, la violence, les abus. Mais aussi pour sensibiliser sur l’importance de la paix », clame Didier Kassaï. 
La paix. Notion compliquée à définir ne semble pas pourtant si difficile à disséquer ici, Place de l’Indépendance à l’Hôtel de ville, que Léontine Babeni, directrice du FESCARHY, choisit comme siège des activités du festival cette année. Depuis hier, et ceci jusqu’à ce samedi 20 août, chaque dessinateur a le droit de mettre son imagination au service de la paix. La sensibilité de tous s’exerce avec acuité. La colombe, de son blanc éclatant, est le symbole le plus récurrent. Sur les toiles de l’exposition « Le vivre en paix ensemble », la thématique du FESCARHY prend assez bien. De quoi réjouir Joël Eboueme, illustrateur pour enfants, et commissaire de l’expo. « Nous avons mis l’accent sur de grands panneaux, afin que ces derniers attirent l’attention sur le message que nous voulons passer », dit-il, celui de la paix bien sûr. 
Malyk, l’un des caricaturistes aux origines du festival, propose un de ses grands panneaux, avec les lettres « p-a-i-x » bâties en pierre par des citoyens de diverses catégories. Dans les ateliers de l’opération « Le crayon de D’jino », les jeunes enfants sont aussi appelés à se joindre à cette lutte pacifique pour la liberté. Sous la conduite de formateurs comme Loïc Ebah, 22 ans et Thommy Demlabing, 26 ans, (dessinateurs eux-mêmes pétris au Crayon de D’jino), les amateurs de dessin trouvent une place de choix, et font leurs croquis de la paix sans complexe. Car au FESCARHY, on dépose les armes, pour brandir bien haut les crayons. Nombre d’articulations sont prévues jusqu’à demain. A découvrir à la Place de l’Indépendance.

 

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie